Test

Le Seigneur des Anneaux - Le Tiers Age
~ Sorti sur ~
GBA
NGC
PS2
~ test ~
rédigé par Nights Rain
Fiche Jeu

Console : NGC

Genre : [RPG]

Dév. : Redwood Shores Studio

Sortie : 22/12/2004 [Japon] Date de la dernire sortie du jeu

Le Seigneur des Anneaux - Le Tiers Age par Nights Rain

Posté le 15 décembre 2005 à 22h29

« Un anneau pour les gouverner tous et dans les Ténèbres les lier ».
Je suppose que ce ver aux allures prophétiques n'est inconnu de personne. Et encore moins inconnue est l'œuvre d'où il est tiré, qu'elle soit en livres ou en films. Peter Jackson ayant réalisé un boulot monstre, certains éditeurs se sont empressés d'acquérir les droits pour proposer leurs déclinaisons de la Terre du Milieu. C'est le cas ici avec ce RPG prenant pour cadre la trilogie complète du Seigneur des Anneaux. Voyons si elle est à la hauteur des attentes des fans.

La Compagnie de L'Anneau… ?

 

L'histoire du jeu qui nous intéresse ici se déroule en pleine guerre de l'anneau telle qu'elle est narrée dans les films. Evidemment, c'est la même qui est contée dans les livres, mais le jeu reste plus proche des films et nous verrons plus tard pourquoi.
Le jeu commence donc aux commandes de Berethor, garde du Gondor, chargé de rejoindre Boromir, lui-même parti pour Fondcombe afin d'assister au Conseil d'Elrond. Dès le début, le Gondorien sera confronté aux Nazgûls, combat qu'il ne pourra, bien sûr, pas gagner. Il est alors rejoint dans son périple par Idrial, charmante elfe aux faux airs d'Arwen, qui le sauve in extremis des griffes des spectres de l'anneau. Ensuite, notre Gondorien est chargé par Gandalf lui-même (par télépathie, sic) d'assister la Compagnie de l'Anneau (mais de loin, hein).
Débute donc un long voyage au travers des Terres du Milieu, jonché de nombreux ennemis et de moins nombreux alliés. En effet, votre équipe s'étoffera avec Hadhod le Nain, Elegost le Rôdeur, Morwen la Rohirrim et enfin Eaoden, un lancier Rohirrim. Chacun bénéficie de trois arborescences de compétences qui serviront dans les combats, que ce soit en soutien, en attaque ou en défense, voire en capacité automatique.

 

Malheureusement, ces protagonistes ont beau être originaux et relativement complémentaires, on ne peut s'empêcher, tout au long du jeu, de penser qu'ils ne sont que de pâles copies des “héros” de la trilogie, au moins sur le plan physique ou au niveau de leur rôle dans le groupe. De la même façon, exception faite de Berethor, et dans une moindre mesure (et moins que ça encore), d'Idrial et Morwen, ils ne bénéficient d'aucun background pouvant les rendre attachants. Ils sont simplement attractifs de par leurs compétences en combat. Même si c'est déjà pas mal, c'est loin d'être excessivement capital.
Juste pour râler un peu plus, il est un peu dommage qu'il n'y ait aucun Hobbit ou magicien jouable. C'est moins vrai pour le magicien, puisque de nombreux personnages de la trilogie originale s'inviteront dans votre équipe, le temps d'un combat ou pour traverser une région ; on retrouve donc Gandalf, mais aussi (et sans ordre de préférence) Legolas, Gimli, Aragorn et j'en passe. C'est sympathique, ils sont bien plus balèzes que les personnages du jeu, mais conforte le lien avec l'histoire originale.
Ces rencontres ne sont jamais fortuites et servent quand même bien les évènements du scénario. Voyons d'un peu plus près le déroulement de tout ceci.

 

Un long voyage… linéaire

 

Comme je l'ai mentionné plus haut, l'aventure débute avec un combat contre des Nazgûls dans une forêt non loin de la Comté (si mes souvenirs sont bons). Ensuite, direction Fondcombe, puis les mines de la Moria, etc.
Les lieux traversés sont parfaitement retranscris depuis le film, étant en tout point identiques. Il est appréciable de retrouver le pont de Kazad-Dum, la forêt de Lorien, le Gouffre de Helm aussi beau visuellement. Les étapes sont bien connues. Un peu trop, en fait. La progression se fait quasiment en ligne droite et n'est ponctuée que de combats après lesquels il sera possible d'ouvrir quelques coffres avant l'affrontement suivant.
Pour ajouter au manque de personnalité des personnages indiqué dans le paragraphe précédent, leur avancée ne se fait que dans le sillage de la Compagnie de l'Anneau. Ils traversent les mêmes endroits quelques jours ou quelques heures après, quitte à se croiser le temps de se serrer la main et de tuer quelques orques ensembles. Ce n'est pas si mal, mais on aurait peut-être aimé une histoire un peu plus différenciée et intégrant mieux les personnages créés pour l'occasion. Pourtant, le scénario proposé sur Berethor est franchement intéressant… s'il avait été poussé jusqu'au bout.
Cependant, le jeu se permet tout de même quelques libertés agréables et surprenantes par rapport à l'histoire de la guerre de l'anneau. Ainsi, un combat célèbre est moins solitaire que prévu (je ne spoilerai pas) et le combat contre le boss final est totalement inattendu (encore moins de spoiler !) mais se trouve être très symbolique.

 

La progression se fait donc par chapitres, eux-mêmes découpés en diverses zones. Graphiquement, à chaque fois, c'est un véritable spectacle. Les textures sont fines, les personnages bien modélisés et animés. Un sans faute. Les musiques ne sont pas en reste non plus, on retrouve les thèmes épiques composés pour les films.
Les changements de lieux, les découvertes d'objets clés, la rencontre avec certains personnages donnent lieu à des scènes cinématiques, qui sont des extraits du film condensés pour correspondre au sujet. C'est appréciable et accentue un peu (trop) la transposition du cinéma au jeu.

 

Seulement, l'achèvement d'une zone et par extension d'un chapitre passe par quelques menues sous quêtes à remplir. L'idée peut sembler intéressante, mais elle cache une faiblesse du jeu : la route qui mène à l'accomplissement de ces objectifs plus ou moins optionnels est droite. Impossible d'en rater un seul tellement ils sont évidents. Le choix de tous les remplir est complet, mais dans la plupart des cas, une quête sera activée avant même de s'en rendre compte.
Autre chose, contrairement à énormément de RPG (pour ne pas dire tous), il n'y a ici aucune boutique où acheter armes (chaque changement d'arme ou de pièce d'armure est visible sur les personnages) et objets (ils se trouvent dans les coffres ou en récompense de certains combats, voire peuvent être volés aux ennemis), aucune auberge, pas un seul village accueillant. Les protagonistes sont cloîtrés dans des terres hostiles, peu de lieux leur seront amicaux, pour ne pas dire aucun.
Ne reste donc que les combats et l'expérience, que nous allons regarder d'un peu plus près.

 

De l'art des combats et de l'apprentissage

 

Les combats sont de deux types : les aléatoires et les scénarisés. Les premiers se manifestent, comme leur nom l'indique, aléatoirement une fois que l'œil de Sauron est clairement affiché à l'écran, les seconds apparaissent eux lorsque l'indicateur en forme de Palantir (les pierres de vision de Sauron) est complet.
Les affrontements donnent lieu, la plupart du temps, à de belles joutes entre votre équipe et les forces de Sauron. Surtout vu la difficulté démesurée de certaines rixes. Les ennemis et les personnages sont parfaitement modélisés (repris du film là encore), et il est très aisé de reconnaître un gobelin caché parmi les orques, par exemple. Les effets de lumière des diverses magies et compétences sont impressionnants, un effet de flou artistique et voulu venant parfois accentuer le tout.
Le déroulement est classique en soi et emprunte beaucoup à Final Fantasy X. En effet, l'ordre dans lequel les adversaires et les protagonistes interviennent figure dans une barre sur le côté droit de l'écran. De même, il est possible à tout moment du combat d'interchanger un des combattants par un de ceux restés en arrière. Cela laisse un arrière-goût de déjà-vu, mais il faut tout de même reconnaître que ce principe est plus qu'intéressant et permet de bonnes stratégies.
Certains combats, les scénairsés la plupart du temps, mettent en présence de mises en scène originales : par exemple, au Gouffre de Helm, le but sera de tuer les Ourouk-Haï protégeant les échelles, afin de pouvoir ensuite détruire ces dernières pour éviter à d'autres belligérants de vous mener la vie dure. Ce n'est pas transcendant, certes, mais cela apporte un nouveau souffle aux affrontements. Malheureusement, ce genre d'innovations reste trop anecdotique.

 

 

Qui dit combat, dit expérience. Le Tiers Age ne fait pas exception à la règle. Ainsi, les points chèrement acquis au fil de l'épée permettent de monter le niveau des membres de l'équipe. A noter que ceux ne participant pas activement (comprenez par là qu'ils ne font aucune action durant le combat) gagnent moitié moins de points que les autres. Logique me direz-vous, mais cela évite de laisser un personnage trop à la traîne.
Le gain de niveau donne droit à un certain nombre de point (variable) à répartir dans les attributs, selon votre convenance. Les compétences quant à elles n'augmentent pas avec les points d'expérience gagnés, mais à force d'utilisation. Le principe n'est pas mauvais en soi, mais parfois il se révèle fastidieux d'acquérir une aptitude peu intéressante juste pour accéder au palier de compétence suivant.
Les capacités sont en effet classées dans des arborescences (3 par personnage). A un palier donné correspondent une ou deux compétences. Il est possible de choisir quelle compétence sera apprise par le personnage. Ensuite, il suffira d'utiliser un nombre de fois déterminé une capacité déjà acquise du groupe de la même compétence pour l'acquérir et pouvoir apprendre une compétence du palier suivant ou non. Cela peut paraître difficile à expliquer (et à lire), mais en terme de jeu, il suffit de cinq petites minutes pour s'y faire.
Et puis, si des envies de répandre le mal vous prennent, nous allons voir maintenant le Mode Maléfique.

 

Le côté obscur de la Force

 

Dans ce mode en marge de l'histoire principale, il est possible de prendre les commandes des troupes de Sauron et Saroumane face aux héros du jeu et ce, lors des combats les plus marquants d'un chapitre (les scénarisés et les boss, la plupart du temps).
Comme sous-entendu un peu plus haut, il faut avoir terminé un chapitre. Il n'est pas nécessaire de terminer le Mode Maléfique pour terminer le jeu mais cela peut aider pour la quête principale, vu que chaque chapitre du côté obscur complété donnera accès à des armes et objets un peu meilleur que ce qu'on peut croiser habituellement.
Les combats sont connus, mais les aptitudes des ennemis beaucoup moins (enfin si, quand on les encaisse dans la quête principale… !). La difficulté est franchement variable et peut se révéler complètement inverse que du côté de “la lumière”. Entre autre, on se demande bien comment le dernier boss a pu perdre contre les héros !
Bon, reconnaissons-le de suite, l'intérêt du mode est limité (ce n'est qu'une suite de combat, sans aucune progression), il gonfle un peu artificiellement la durée de vie du soft. Mais bon, avoir un mode original de temps en temps est quand même plutôt un avantage.

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