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Posté le 24 janvier 2006 à 10h02 par Vlidie
Alors déjà je vous préviens, Nana est un pur shôjo, avec des histoires de coeurs plus ou moins complexes, narrées du point de vue des deux Nana, des filles quoi.
C'est évident que ça ne peux pas plaire à tout le monde 
Maiiiiis... Ce n'est pas n'importe quel manga shôjo quand même ! Même si l'une des deux Nana est romantique, les histoires d'amour dans ce manga ne sont pas romantiques. Elles ont une dimension plutôt réaliste et parfois vraiment dramatique. C'est loin d'être une histoire à l'eau de rose 
Il y a pour l'instant 12 tomes de Nana qui sont sortis en France. Le premier a pour but de présenter les deux protagonistes principaux de l'histoire : Dans la première partie, on nous présente Nana Komatsu (prénom écrit en Kanji, alphabet par idéogrammes dit "chinois", non phonétique.), dans la deuxième, on nous présente la deuxième Nana : Nana Ôsaki (prénom écrit en Katakana, alphabet phonétique pour les mots étrangers).
Nana Komatsu est une jeune femme de 20 ans. Elle vit dans une petite ville en campagne et vient de quitter le lycée. Elle est du genre étourdie et rêveuse, c'est la reine des coup de foudres et recherche coûte que coûte l'amour. Son petit copain, vient de réussir l'examen d'entrée à l'école d'art... Elle décide de le rejoindre sur Tokyo.
Quant à Nana Osaki, elle vit dans une ville enneigée et est chanteuse dans un groupe punk. Elle est du genre à ne pas se laisser faire, ne mâche pas ses mots et est plutôt violente. Son petit ami, qui est le bassiste du groupe, les quitte pour devenir guitariste d'un groupe plus prometteur... Elle décide de prendre le train jusqu'à Tokyo pour chanter et se faire connaître.
Et bien entendu, ces deux Nana qui ne se connaissent pas du tout, et n'ont rien à voir l'une et l'autre, vont se rencontrer ! ... Deux fois de suite même ! Mais ça c'est pour le deuxième tome ;-) Les deux Nana se rencontreront donc une fois dans le train, et une deuxième fois dans l'appartement qu'elle loueront en collocation. Tout le long de ce manga, on verra comment les deux Nana si différentes cohabiteront ensemble, face aux épreuves du quotidien comme le travail, l'amitié et l'amour.

Voici pour les deux personnages principaux, mais le monde de Nana ne s'arrête pas à eux :

Junko est amie de lycée de Nana Komatsu. Elle a plutôt tendance à la materner et à être sévère avec Nana mais... Dans le fond elle l'adore et s'inquiète beaucoup de la tête en l'air qu'est son amie
Elle a un petit copain qui s'appelle Kyôsuke qui est contrairement à Junko très détendu et gentil. Ils sont tous les deux dans la même fac d'art, ils ont tout les deux été en prépa d'art plastique avec Nana. Il y a aussi Shoji, c'est un des seuls ami masculin qu'ait eu Nana (quand un garçon lui plait c'est toujours parce qu'il y a eu coup de foudre). Nana l'a rencontré en prépa d'art plastique où ils étaient élèves, avant qu'il monte sur Tokyo pour entrer en fac d'art.

Nana est la chanteuse du groupe Black Stone (en abrégé ça donne Blast), les membres de ce groupe sont ses seuls amis. Il y a tout d'abord Nobuo, qui est le guitariste du groupe. Il connaît Nana depuis le collège. Il est le fils d'une famille d'aubergistes, il a son destin tout tracé mais il décide de tout quitter pour son groupe. Ensuite vient Jasu. C'est le batteur du groupe, mais il est aussi le stagiaire d'un avocat, son futur métier. C'est le grand frère de toute la troupe, il est aussi le plus expérimenté et réfléchi. Puis Shin, petit nouveau bassiste de la bande, qui vient remplacer Ren, l'ex bassiste. C'est le plus intrigant du groupe car il paraît très jeune (il dit avoir 18 ans, en réalité il en a seize). Il a l'air d'avoir un passé peu reluisant et se fait payer par des femmes pour survivre.

Ren est l'ex bassiste de Blast, il est maintenant le guitariste de Trapnest. C'est l'ex petit ami de Nana et un proche ami de Jasu. Il a tendance à se laisser porter par les événements et semble plutôt insoucient. Reira est la chanteuse de Trapnest, rivale de Nana, ex petite amie de Jasu. Mais celle-ci semble être amoureuse de Takumi, qui est le bassiste du groupe. Reira est assez gamine tandis que Takumi a mauvais caractère et s'emporte très facilement. Il peut se montrer violent. C'est aussi un tombeur, malgré que ce soit Ren qui a le plus de succès auprès du public. Nana Komatsu est une fervente fan de Takumi.
C'est un peu compliqué non ?
Comme si ça ne suffisait pas que les deux héroïnes de l'histoire s'appellent Nana toutes les deux ! En réalité, Nana Komatsu est souvent apellée Hachi (nana veut dire sept en japonais, et hachi est le chiffre huit) ou encore Hachiko, car Nana Osaki trouve que Hachi se comporte comme un chien fidèle. Hachiko est le nom d'une statue de chien très connue à Tokyo. (Si si ! Ca facilite beaucoup !)
Ce qu'on peut remarquer en premier abord quand on ouvre ce manga, c'est la spécificité du coup de crayon de l'auteur de cette histoire, qui est assez original. Les traits du corps des personnages sont grands, maigres et anguleux, on pourrait se croire dans un manga d'anorexiques !
J'exagère un peu, mais c'est un peu le premier effet que ça fait
Mais dès la moitié du manga ce nouveau style est vite adopté, les dessins sont très détaillés, le look des personnages y fait beaucoup : c'est très bien dessiné.
Tout en gardant les éléments des dessins type Shôjo, comme par exemple les grands yeux, beaux jeunes hommes... Le dessin a un trait réaliste qui fait bien ressentir quelque part, que les personnages ici présents ne vont pas présenter un manga pour enfants, ni tiré d'un conte de fée, mais qu'on raconte une histoire qui pourrait très bien arriver au Japon, à l'époque actuelle.
Identiquement, à l'occasion, au lieu de dessiner certains objets ou certains décors, la dessinatrice prend des photos qu'elle modifient pour qu'ils se fondent bien dans l'ambiance du manga.
Malgré le réalisme des personnages, ils sont extrèmements expressifs, mais on ne passe jamais par la case SD pour décrire le comiques des événements, on préférera une grimace caricaturale.
Même si on rit parfois dans ce manga, c'est loin d'être un manga comique. Il y a les moments de bonheur et des moments malheureux. Parfois sérieux, des fois nettement moins (comment l'être avec Hachi ?)...
La mise en scène est vraiment bien menée et apporte beaucoup d'émotion. On se surprend souvent à haïr profondement Takumi, à avoir envie de donner des baffes à Hachi lorsqu'elle se montre trop stupide, à sentir sa gorge se serrer quand elle est dans une mauvaise passe.
Des scènes de plusieurs cases sans mots peuvent être beaucoup plus touchantes qu'avec des mots, lors des drames. Sinon la tendance est plutôt à l'inverse. Quand l'auteur n'a pas particulièrement d'émotion à faire passer, on peut se retrouver avec deux personnages (Junko et son copain souvent) qui sont en train de philosopher sur un des choix discutable de Hachi... Et là, on en a des paquets, de dialogues ! C'est un peu fatiguant. Vous voyez quand dans certain shonen, ils expliquent des techniques de combats dont on s'en moque éperdument, du moment que ça marche... Et bien là c'est pareil
Mais n'est ce pas ça que l'ont fait entre amies (je souligne le « e »
) : discuter des affaires qui ne nous regarde pas et philosopher dessus ?
Car c'est aussi le point essentiel de ce manga : la recherche du bonheur. Après tout, c'est ce à quoi tout le monde aspire ! C'est aussi le cas de Nana (je parle d'Hachiko
)
Tout le long elle va tomber amoureuse, en espérant ce qu'elle souhaite depuis toujours : trouver le bonheur au bras de l'homme parfait et selon un schéma très classique, se marier, avoir une famille heureuse... C'est bien moins simple que ça n'y paraît, et il faut dire que tout ne se passe pas comme prévu. Et Nana n'est pas du genre à provoquer les choses, c'est plutôt elle qui va être emportée dans un tourbillon d'événements incontrôlables... Est ce qu'elle finira par se retrouver dans le schéma qu'elle a en tête ? Est ce vraiment la bonne solution ?
C'est la même chose pour Nana la chanteuse. Ce qu'elle veux, c'est chanter et se faire connaître. Est ce qu'en étant connue de tous, elle arrivera encore à maîtriser les choses comme elle aimerait que ça soit ? Les rêves sont difficiles à atteindre et il est difficile que tout se passe comme prévu...
Un autre aspect développé dans ce manga, parmi d'autres, est celui de l'amitié qui s'est instaurée entre les deux Nana. Sans qu'elles soient absolument complices et qu'elles se comprennent en tout point, elle se sont vraiment attachées l'une à l'autre. Si bien que lors d'une des première interview qu'on accorde à Nana, cette dernière dit qu'elle si elle chante c'est pour Hachiko (et tous les journalistes pensent alors qu'elle fais ça pour son chien.)...
Bien sur il n'y a pas que l'amitié que ces deux là se portent. Les membres des deux groupes de musique se côtoient autant comme ex-amis de lycée que rivaux en musique, Ren faisant le lien entre les deux. Et c'est encore bien plus compliqué quand se mèlent les anciennes histoires d'amour, les sentiments amoureux qu'ont certains envers d'autres...
Au-delà du côté clichés des histoires d'amour et des relations un peu convenues, c'est ce que l'on rencontre tous un peu dans nos vies avec nos choix malheureux et nos grandes réussites qui sont décrits là (que l'on soit chanteur ou non, qu'on en côtoie ou pas
). C'est aussi l'un des intérêts du manga, on réagit forcément parce que ça nous remet aussi face à nous même.

Commençons par la forme puis finissons par le fond.
La forme : Le style de Ai Yazama est du genre particulier... On aime ou on aime pas... ou alors on adopte petit à petit le style pour s'en imprégner complètement. Pour moi, c'est le dernier cas qui s'applique. Les dessins sont très riches et c'est vrai que ça ajoute une petite touche d'originalité dans ce monde où les shôjo sont réputés -à juste titre- pour avoir toujours le même genre de dessin : des filles kawaï et bichi à la pelle, des trames épurées avec des fleurs et des plumes en fond...
Niveau fleurs et plumes, il n'y en pas trop dans le manga Nana... Au pire on a des « fonds » dentelles. Et les bichis sont... « punkesques » !
Quant aux filles kawaï ? Où sont-elles ? A la limite Hachiko, mais alors c'est la seule, et c'est plus pour faire ressortir son côté naïf qu'autre chose.
Un shôjo plus adulte ! Ca fait plaisir aux yeux moi je vous le dis !
Entre la forme et le fond, les tomes :
Le premier est destiné à présenter les deux Nana, avant leur rencontre. On commence donc avec l'histoire de la plus naïve, la plus cruche, la plus tout quoi... Ouais, c'est vrai que c'est un peu rebutant. Surtout quand elle commence à énumérer tous les coups de foudre qu'elle a pu avoir, en passant en revue tout un tas de niaiseries : « dès que je tombe amoureuse d'un mec je me coupe la frange comme la sienne » ; « si je trouve pas le prince charmant, c'est parce que je suis trop grosse » ; « si ça se fini toujours mal avec les mecs, c'est parce que j'ai que des coups de foudre : il faut que j'essaie d'avoir au moins un ami au masculin » ...
C'est vrai qu'il ne faut pas prendre ça au premier degrès, mais on s'en rend compte seulement quand on a déjà bien entamé la série. En gros, beaucoup pourront laisser tomber assez rapidement. Et c'est le gros reproche que je fais à cette série !
Il est super long à démarrer o_o
C'est que dans le troisième tome qu'on entre dans le vif du sujet, où les deux Nana commencent à vivre ensemble.
C'est vrai que cela permet d'avoir tous les éléments en mains dès le début pour comprendre tout ce qu'il se passe par la suite... Mais on pourrait se lasser assez rapidement
Pour ma part, j'ai eu la chance de commencer à lire ce manga qu'à partir du troisième
Et je crois que c'est qu'à partir du cinquième tome que je me suis attachée à cette histoire.
Si on se donne la peine de s'y attarder, il vaut vraiment le coup
Sur le fond même de l'histoire, je dirais que deux détails peuvent être ennuyeux. Premièrement, les rares passages où Junko et son copain sont à débattre sur la vie de Nana : est-ce que ça se fait d'emménager avec une parfaite inconnue alors qu'elle est venue à Tokyo pour vivre avec son petit copain ? Est ce qu'elle a bien fait d'en changer ? Est-elle assez solide pour supporter telle ou telle situation ?... Deuxièmement, quand Junko sermonne Nana comme une gamine... En fait peut être que je ne supporte pas Junko ?
En tous cas s'il y en a bien une que beaucoup ne supporteront pas, c'est Nana, Hachiko, avec ses idées, il faut le dire, assez naïves et ses décisions surprenantes... Mais je pense que c'est aussi cet aspect là du manga qui fait son charme.
Parce qu'après tout, les deux Nana aussi différentes soient-elles, ne sont que deux jeunes femmes à la merci des événements de la vie.
Je ne dirais pas que ce manga est tout public et qu'il est à mettre entre toutes les mains, parce que je le répète, c'est un shojo à la base et sincèrement je ne pense pas que ça puisse plaire aux mâles
...
Mais pourquoi pas après tout ?
Je pense sincèrement que Nana est un manga qui se détache par son style graphique et narratif, et qu'il vaut le coup de s'y pencher parce qu'il est émotionnellement fort.



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