



rédigé par Olivier


Shining in the Darkness par Olivier
Posté le 17 octobre 2005 à 02h18
1991. Bonne année que celle-là ! La sortie de la Megadrive en France et dans le marasme des RPG édité alors sur cette console... Enfin une "lumière dans les ténèbres" (wow que je suis bon !) avec l'arrivée de Shining In The Darkness. Un titre qui inaugurait une série toujours en cours. Mais ce premier épisode était-il déjà aussi bon... ?
En voici un de jeu qu’il est vieux ! Oh que oui, et pour tout dire, il va me falloir tenter de rester très objectif sur celui-ci, puisqu’il fut mon tout premier RPG ! Vous savez bien, vu le nombre d’entre vous qui seraient prêts à mourir pour défendre FF7, qu’on conserve toujours une sorte de lien « magique et ébloui » par rapport au RPG qui aura été notre « tout premier ». Hé, oui, c’est comme en amour, mais en mieux
Première difficulté de la mission ainsi, rester objectif.
Seconde difficulté, faire un test, ok, mais un test de quel point de vue ? De celui d’il y a une dizaine d’années lorsque le jeu est sorti ? Ou bien un point de vue actuel à partir duquel, vu l’évolution des jeux, il hériterait direct d’un beau zéro pointé qui ne manquerait pas de vous rappeler certaines de vos copies scolaires bâclées ;-)
Le mieux est encore de faire un « entre-deux ». Voyons donc avec nos yeux d’aujourd’hui mais tout en ayant à l’esprit qu’on est en plein dans le « oldies but goldies ». En prenant ainsi le point de vue d’un ptit gars (ou d’une ptite gate) d’aujourd’hui qui se lancerait dans cette quête de Shining In The Darkness juste pour voir comment c’était quand Olivier était jeune et beau, c'est-à-dire y a longtemps
On attaque de suite, faut pas lambiner parce que y a des choses à dire.


Sorti donc en 1991, c'est-à-dire quasiment en même temps que la sortie française de la Megadrive (ou Genesis), Shining In The Darkness faisait partie des quelques RPG qui existaient alors sur la console. Et avouons-le, vu la qualité exécrable des jeux qui l’accompagnaient, celui-ci surnageait sans peine. Mais on approche davantage l’idée de la qualité du jeu auquel on a à faire lorsqu’on constate qu’il s’agit là d’une réalisation made in Climax. Et pour les connaisseurs, Climax égale par la suite : Landstalker et la saga des Shining Force… Pour ceux qui suivent, évidemment cette saga venant en suite du jeu qui nous occupe aujourd’hui. Et pour ceux qui suivent toujours, des titres sur Megadrive d’une qualité exceptionnelle.
On entre donc avec Shining In The Darkness dans l’univers Climax, qui pour avoir produit quelques daubes mémorables, a réalisé également les plus beaux fleurons de cette bonne vieille Megadrive
Une petite précision à ce niveau, ce jeu, comme tous ceux d’époque est intégralement en anglais. Donc on s’équipe de son petit dico bien sûr
Mais bon les dialogues sont pas si nombreux et difficiles pour que ça gêne réellement.
Que donne le jeu lui-même alors ?


Première chose, Shining In The Darkness, pour le moins va à l’essentiel.
En effet, pas de carte de trois kilomètres de côtés pour ce jeu, nul déplacement dans de vertes campagnes, que nenni, on y va direct, ce jeu contient et tout et pour tout trois lieux !
Mais si on y réfléchit bien on touche presque là à la base du Jeu de Rôle puisqu’au final, autant de lieux intermédiaires qu’on mette, on retrouve ces trois mêmes lieux : Le village, le château et le labyrinthe.
Suivez bien toujours, Climax nous donne là une leçon de base du RPG : Le village est le lieu où l’on se soigne, s’équipe, sauvegarde et récolte quelques informations utiles ou amusantes ; le château est le lieu où l’histoire progresse scénaristiquement ; et enfin le labyrinthe est là où l’on va trancher du monstre en pagaille et bourrer la face des boss.
Côté scénario, c’est la même chose. Dès le départ on a droit à une histoire des plus basiques puisque : Oh my goodness, la princesse s’est faite enlevée (la gourde) ! Votre père, le plus beau et noble chevalier, n’est même jamais revenu de sa quête vengeresse ! Alors bon, vous, petit pèquenot crétin êtes appelé par le Roi pour aller chercher sa fille, pis récupérer si possible votre père dans la foulée. Hop, ça suffit, v’la deux cents balles et en route mon beau !
En allant vous équiper au village vous rencontrerez également deux personnages qui vont devenir vos compagnons : Milo, le moine et Pyra, la sorcière.
Tout cela est facile, simple, directe et accessible. Plus classique, tu meurs
Trop peut être même ? Avec d’autres on toucherait là à des limites qui confinerait au ridicule sans doute.


Mais Climax nous a fait un beau travail là en instaurant un vrai plaisir de jeu.
Ainsi on a du plaisir à aller se balader dans nos trois maigres lieux, les PNJ sont amusants, sympathiques et attachants, la vendeuse de soins est super cute (pour ceux qui aiment le style manga), enfin tout cela est très simple mais bien agréable à jouer ! Le manque de lieux n’est donc pas gênant puisqu’on a finalement l’essentiel.
Le scénario ensuite se révèle un brin plus complexe qu’on ne l’avait pensé au départ même si on n’atteint pas des hauteurs scénaristiques. Ainsi, le sauvetage de la princesse réalisé, on découvre alors que notre ennemi réel est le très méchant et vil Darksol ! Pour les connaisseurs, le seul personnage qui apparaît ou est cité dans tous les épisodes de la série des Shining sortis sur Megadrive
Et lui later la face va être un problème bien plus complexe que sauver la princesse, croyez moi !
Le labyrinthe, notre seul espace de combat, est représenté en fausse 3D un peu comme on a pu le voir dans Phantasy Star (le premier) et identiquement dans Castle Wolfenstein. Mais il se révèle être construit sur plusieurs étages, de difficulté très progressive en terme de complexité (c’est quand même un labyrinthe), d’ennemis rencontrés et surtout de boss.
Alors, c’est clair, faut aimer le style : « je me ballade en vue à la première personne dans tout un tas de couloir en me heurtant régulièrement dans les murs ». Mais pour ceux qui ne sont pas dégoûtés de ce genre de casse-tête, c’est ma foi très bien construit, la progression est logique, et si on cherche parfois longuement son chemin, on avance très régulièrement quand même ce qui évite de bazarder le jeu par la fenêtre au bout de 15 minutes
Et le principe de plaisir est là : On a vraiment le goût de trouver ce que l’on cherche, de poursuivre sa quête, de progresser encore et encore.
Quand on est fatigué de chercher, hop un petit sort pour se barrer du labyrinthe et on peut aller sauvegarder et faire les yeux doux à note fameuse vendeuse de soins (ou, pour les filles, au « beau barbu » qui vend des haches)
Graphiquement donc, c’est vieux, c’est en 2D et c’est super plat, mais ça n’est pas du tout désagréable. Ne vous attendez pas à des représentations de sorts magiques de folie avec effets pyrotechniques et compagnie, nop, c’est d’époque logiquement. Mais si vous aimez le style RPG sauce Manga, alors ça devrait vous être assez charmant ! On retrouve d’ailleurs le style qui apparaîtra ensuite dans tous les autres Shining, et moi perso, j’aime bien ça
Musicalement, ils se sont pas fendus la bûche, c’est clair. A trois lieux, trois musique, donc on a vite fait le tour. Ajoutez à cela le thème des combats, le thème du boss et le fameux thème du boss final qui dira quelque chose à certain
Pis voilà ! Mais tout cela se laisse écouter sans être désagréable. Les thèmes collent bien aux lieux et on sait de suite où l’on est. Et quand on part en quête, ça donne envie d’avancer !
Niveau durée de vie, ma foi, ça devrait aller. Le labyrinthe est grand, très grand, et les pièges retors. Vous aurez bien sûr pour vous assister une carte qui se tracera à mesure de vos visites, mais on ne comprend la finesse de certaines parties du labyrinthe qu’après avoir complètement exploré un niveau. Pis là on se dit : « Ha, mais oui, j’ai capté !!!!! » Et là c’est l’extase
La durée de vie, comme toujours à l’époque, est augmentée artificiellement du fait d’une progression par niveau. Entendez que si vous vous présentez face à un boss sans avoir le niveau requis, vous vous faite démonter en deux coups les gros ! Et dès que vous arrivez au bon niveau, paf, vous lui mettez une boîte sévère comme par enchantement
Haaaa le plaisir du leveling d’époque !
Comptez en tous cas entre trente et cinquante heures de jeux. Y a de quoi voir venir et finalement l’intérêt du jeu est constamment relancé par de nouveaux événements, ou de nouveaux objets qui donnent de nouvelles possibilités. Au final, on ne s’ennuie jamais si ce n’est pendant ce fameux leveling un peu gonflant parfois.
Que dire au final de ce jeu ?


Et bien ma foi, il est tellement épuré au niveau de ses caractéristiques RPG qu’il aurait pu être totalement ridicule ! On trouve là tous les poncifs du genre et que je vous ai cité plus haut. On dira donc qu’il du plus haut classicisme, c’est certain ! Mais d’une part il faut voir que si tout cela nous est très classique aujourd’hui, ça ne l’était que très moyennement à l’époque ! Et partir sauver la princesse était alors encore une très noble quête
Ce jeu pose ou rappelle en conséquence beaucoup des bases du genre que nous chérissons tous. Ho, il ne les a pas inventé, certes non, mais simplement il les a rendu aussi agréables d’usage que possible. Après le passage de Shining In The Darkness, il fut très copié non pas dans son mode de jeu mais dans son plaisir à jouer : son mode d’apparition et d’usage des objets, les compagnons nécessaires à notre quête, les types d’ennemis qui apparaissent, la progression du scénario, etc…
En cela donc il est très intéressant à jouer pour voir d’où viennent en partie certaines des excellentes idées qui sont reprises à tour de bras aujourd’hui ! Il est très intéressant également si on veut trouver l’origine du plaisir de jeu des Shining Force ou de Landstalker.
Et enfin il échappe surtout au ratage intégral et à la nullité de base par un plaisir de jeu total. Si on se prête avec un bon esprit à la quête et qu’on adhère dès les premiers screens à la légende que veut nous conter ce vieux barbu sur sa chaise à bascule, et bien on entre alors dans un bel univers magique, presque naïf et qui procure un réel plaisir « basique » de jouer. Plus encore, de jouer à un RPG. C’est bien là finalement l’origine de notre plaisir à tous, n’est-ce pas ?




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