



Critique
Posté le 20 août 2006 à 11h44 par Vlidie
Love Hina fait parti de ces mangas dont le succès a été énorme en France, les libraires lui réservant lors de sa période d'édition une place pouvant rivaliser avec n'importe quel classique du manga. Ce fut tel que même la série télévisée fut publiée en VF, et diffusée d'abord sur le câble puis sur une des chaînes nationales.
Love Hina est un shonen dont la recette est éprouvée au Japon : un jeune homme un peu empoté entouré de filles plutôt mignonnes, c'est pas vraiment original. Néanmoins c'est un des rare manga de ce type qui a été diffusé en France, et surtout qui a connu un tel engouement.
Lorsqu'il avait 5 ans, Keitaro a fait une promesse à une petite fille dont il était amoureux : ils entreront ensemble à Todaï (Tokyo Daigaku), une des universités les plus renommées au Japon, et vivront heureux ensemble à jamais.
Aujourd'hui Keitaro a perdu de vue de cette fillette. Mais il n'en a pas pour autant oublié sa promesse !
... Il essaie désespérement d'intégrer cette fameuse université et se casse les dents sur ce foutu concours d'entrée pour la troisième année consécutive, ce qui fait de lui un étudiant ronin (terme qui désignait autrefois les samouraï ayant perdu leur maître et qui désigne communément les étudiants japonais qui ont loupé leur examen d'entrée à une fac.)
Fatigués, ses parents le mettent à la porte et voici que Keitaro décide d'aller chercher de l'aide auprès de sa grand mère, et pourquoi pas vivre sous son toit.
En effet, la grand mère de Keitaro possède une auberge, c'est l'occasion idéale. Cependant, rien ne se passe comme prévu, l'auberge Hinata (c'est son nom
) a été transformée en pensionnat pour filles, la grand mère a plié bagage pour faire le tour du monde...
Et voici Keitaro déclaré propriétaire et gérant de la pension !
Enchaînant les maladresses, mensonges et passant pour un obsédé à maintes reprises, il aura bien du mal à assumer cette tâche de gérant et se faire accepter par les 5 pensionnaires qu'il côtoie...

Le héros de l'histoire, du haut de ses 19 ans. Il est terriblement gaffeur, s'il y a une bourde à faire, même la plus improbable, on peut être sûr qu'il la fera. Bon bougre, il n'a pas beaucoup de caractère et se laisse faire par toutes les filles du pensionnat, se faisant passer pour ce qu'il n'est pas... et surtout se prennant des baffes phénoménales de Naru. Il passe son temps à s'excuser de tout et de n'importe quoi.
En contrepartie il est extrêmement gentil, serviable : il est aux petits soins pour ces demoiselles et se soucie d'elles. Il adore faire des Purikuras (mini photomatons autocollants).
C'est une pensionnaire d'Hinata, elle a 17 ans. Elle est très impulsive et « violente ». Elle aussi concoure pour Todaï, elle est la première au classement de l'examen blanc national. Elle est perfectionniste, acharnée dans ses études si bien qu'elle en est devenu myope-taupe à force de lire.
Elle a rapidement un petit faible pour Keitaro, mais s'en cache, même à elle-même, sans doute par fierté et parce qu'elle le prend pour un abruti. Elle passe son temps à lui crier dessus et le frapper. Mais on sait que qui aime bien châtie bien 
Elle est surnommée Kitsuné (renard ). Elle a 19 ans, c'est la plus vieille pensionnaire et vit de petits boulots. Elle a un goût prononcé pour l'alcool et... l'argent. Elle est rusée et sournoise, elle élabore toujours toute une batterie de plans pour arriver à ses fins. Elle aime beaucoup taquiner et mettre mal à l'aise Keitaro...
Elle a 13 ans et c'est une étrangère, sans doute une indienne, c'est pourquoi il n'est pas rare qu'elle fasse des fautes de syntaxe lorsqu'elle parle. Super dynamique, elle ne tient pas en place et ne pense qu'à s'amuser. Elle est... super bizarre, c'est le personnage le plus délirant de la série. Quoiqu'il arrive, elle est toujours de très bonne humeur et n'est jamais en colère contre Keitaro contrairement aux autres. Mais elle est toujours présente quand il s'agit de le frapper.
Elle sait construire tout un tas de robots délirants et d'équipements spéciaux qui vont du radar détecteur de tortue à la combinaison qui rend invisible.
Elle a le même âge que Sû, et malgré cela, elle est l'image de la parfaite petite femme au foyer. Elle cuisine incroyablement bien, et elle aime les tâches ménagères. Elle est douce, très timide, réservée et fragile, elle pleure facilement. Elle manque cruellement de confiance en elle. Elle s'attachera à Keitaro, petit à petit, et en tombera un peu amoureuse.
Motoko a 15 ans et sa famille détient un dôjo. Cette fille est une kendoka hors pair, elle est capable de fendre un rocher rien qu'au souffle de sa lame. Elle s'entraîne durement pour exceller dans ce domaine.
Elle n'est pas bavarde, elle sourit peu, elle reste d'un sérieux implacable tout le long de la série… ou presque, la maladresse de Keitaro ayant tendance à lui faire pêter les plombs ! Et quand elle est en colère, elle devient très impressionnante.
Simplicité, en tout cas en ce qui concerne les dessins. Un trait épuré, net, sans trop de détails. En un mot efficace. Sans que ce soit de super beaux dessins, ils sont vraiment très bien faits et pertinents.
Simple dans le choix de l'histoire aussi. Comme souligné dans l'introduction, des mangas (ou surtout animés) shônen dans lesquels on retrouve un protagoniste masculin un peu pervers malgré lui, qui n'a jamais eu de chance avec les nanas, et se retrouve comme par hasard à vivre entouré de filles, c'est très loin d'être rare !
Et cela permet d'avoir des situations caucasses en cascade... mais finalement pas mal déjà vues et finalement très japonisantes ! Love Hina est une comédie lourde de gags. Entre la maladresse de Keitaro et les plans des filles pour pouvoir se débarrasser/sortir avec lui/etc, il y a toujours un gag en route. Bien sûr, la plupart des gags finissent souvent avec une histoire de filles se retrouvant en sous-vêtements, ou sans sous-vêtements, ou une histoire de sous-vêtements sans la fille dedans. Et Keitaro se retrouve pourchassé par les pensionnaires en rage, battu, crucifié, et reçoit des baffes qui le font décoller à 1000 m. d'altitude.
Si tous les gags n'ont pas exactement ce déroulement, ils sont parfaitement dans cet esprit.
En outre ces passages bien shônen, Love Hina bénificie d'un humour bien délirant : pour citer en exemple les tortues qui volent en battant des pattes, les machines de guerre de Sû, etc…

Délirant, certes, c'est sans doute ce qui a plu aux fans de cette série.
Mais au bout d'un moment, le délire est un peu difficile à suivre tant l'absurde est poussé loin.
Il en est de même pour les gags, l'histoire du Keitaro qui voit la petite culotte de Naru qui réplique par un coup de poing, cela arrive à peu près deux fois par chapitre, soit en moyenne huit fois dans chaque tome, donc faites le calcul, plus de cent-dix foix fois dans la série (ben oui, il y a 14 tomes.) Je n'ai pas pris la peine de vérifier, mais je ne dois pas être très loin du compte.
Bon d'accord, je ne suis pas un mec, je ne peux pas comprendre. Ok, on va dire ça 
C'est très loin d'être le seul défaut du manga.
Si les gags sont d'une redondance mortelle, il en est de même pour les rebondissements ou plus généralement pour le scénario. Toute l'histoire de ce manga, du moins au départ, tourne autour de cette promesse faite et de qui est aujourd'hui cette petite fille (Naru ou pas ??) : entre les quiproquos, les versions de différentes personnes qui l'auraient faite (la promesse ! Faut suivre
)... Ou pas ! Au moment où on croit détenir la vérité la suite nous en fait douter et l'intrigue dure ainsi beaucoup trop longtemps. On se lasse de cette recherche qui nous semble malgré tout bien peu de chose.
Au final, après beaucoup de temps à cogiter dessus, c'est une version pas mal tirée par les cheveux qui en ressort...
Le plus ridicule là dedans, c'est que ça à l'air d'avoir une importance capitale pour Keitaro et Naru et cela influe de façon capitale sur leur vie (zont que ça à penser !!!)
Mais l'énigme une fois résolue ne pensez pas que le manga se termine pour si peu ! S'il y a bien plus insupportable que tout ce que je vous ai cité, c'est cette espèce de danse du « je t'aime moi non plus » entre Naru et Keitaro qui se déroule alors !
Dès que Keitaro va essayer de lui dire qu'il l'aime, il y aura quelque chose qui fera que Naru n'entendra pas. Naru, justement, va essayer de se persuader qu'elle ne l'aime pas, va essayer qu'il sorte avec une autre fille, puis sera jalouse, niera, sera amoureuse, ne le sera plus... >_<
Ce qui m'a marquée, c'est qu'au moment où j'ai lu ce manga, j'avais à peu près l'âge de Keitaro, en plus je passais un concours que je ratais... Là je me suis dit que la mentalité de ces jeunes gens était un peu limite : ce genre d'histoire arrive au collège, voire au début du lycée (comme dans le manga Hana Yuri Dango), mais surtout pas à la fac. Soyons sérieux. D'autant plus que ça dure pendant des tomes et des tomes (14 tomes, oui, oui !), avec des supers rebondissements dans leur relations qui font tout chambouler youpi youpi... et qui sont très lourds à force.

C'est clair que Love Hina est une grosse comédie, à ne pas prendre au sérieux, surtout pas. Des gags à gogo, des histoires délirantes...
C'est aussi une belle histoire d'amour -ahem- qui va faire vibrer les petits et les grands.
Non.
Honnêtement, on rigole bien jusqu'à… allez, la moitié. Au delà j'ai regretté le fric que j'y ai mis, même si je n'achetais au delà de la moitié que pour ma soeur. Par curiosité j'ai lu jusqu'au 12ème tome, mais j'ai eu comme punition une sacrée overdose. Les deux derniers tomes, faudrait me payer pour que je les achète et les lise !!
Vous me direz que si on achète seulement la moitié de la série on ne sait pas le dénouement de toutes les intrigues : promesse, avec qui Keitaro sortira a la fin ou ne sortira pas. Love Hina n'est pas le genre de manga où on s'intéresse à ce genre de trucs. C'est le déroulement de la recherche de l'autre ou de qui a fait cette promesse qui compte, pas la finalité. Si vous cherchez la finalité, vous risquez d'être déçu. Cette histoire, et surtout sa durée, est juste une occasion pour caser de bonnes blagues.
Mais quand celles-ci consistent à répeter inlassablement les blagues petite-culotte-pelotage-suprise-représaille-coup-de-poing, de mettre à mal Keitaro toujours de la même façon pour rire de son sort, ça devient vite très fatiguant.
En fait Love Hina est comparable à une histoire de clown qui se fait entarter, ou à ce dessin animé où ce coyote qui n'arrête pas de se recevoir des enclumes sur la tête, inlassablement.
Comme vous l'aurez compris, au départ Love Hina m'a été une très bonne surprise, qui m'a franchement déçu au fil de son déroulement.
Si ça ne tenait qu'à moi, je vous le déconseillerais, y a bien meilleur investissement.
Mais j'en connais qui ont fortement apprécié, malgré tout, la totalité du manga.
Si vous aimeriez le découvrir, débrouillez-vous pour l'emprunter à quelqu'un plutôt que l'acheter. Comme Love Hina est une sorte de phénomène de mode, on a pas de mal à se le procurer via un copain. Parce que si vous pensez comme moi, relire ne serait-ce que le premier tome, c'est... ennuyeux à mort.



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