




Critique
Posté le 30 juillet 2007 à 09h27 par Vlidie
Il existe des histoires et contes qui reste très populaires, et certaines sont maintes fois adaptées et ces dernières rencontrent parfois un franc succès. Saiyuki est de ce genre d'adaptation. Dérivant de la légende du roi des singes, tout comme le manga Dragon Ball, le succès que remporta le manga Saiyuki de Kazuya Minekura profita à une adaptation en animé par Tokyo TV et les Studios Pierro. Une adaptation d'une adaptation d'une légende déjà auparavant adaptée ? Finalement quel résultat ?
Tôgenkyô est un pays où les humains et les monstres (êtres humanoïdes aux oreilles poitues, pourvus de grandes griffes et de crocs) cohabitent. Ces deux peuples vivaient en paix jusqu'au jour où une personne tenta de ressusciter le démon taureau nommé Gyûmaô. Ce dernier a été vaincu il y a 500 ans, il était connu parce qu'il haissait les humains sauf pour un bon repas. Dès cet instant, les monstres devinrent agressifs, et, sous la coupelle du monstre Kogaji, ils se regroupèrent afin d'éliminer les humains.
Genzo Sanzo a été convoqué par la déesse Kankenon pour empêcher la résurrection de Gyûmaô, accompagné de ces anciens compagnons : San Gokû, Sa Gojyo et Cho Hakkaï. C'est ainsi qu'ils entreprennent ce voyage vers l'ouest afin d'atteindre leur objectif...
Durant celui-ci, nous en apprendrons plus sur l'histoire des personnages principaux, les conditions de leur rencontre et on trouvera surtout moult prétextes à de bonnes bagarres.



Elevé au plus haut rang de la hiérarchie de la religion bouddhiste, Sanzo est un homme froid et individualiste. On a bien du mal à croire qu'il soit moine : il fume et bois, il déteste tout et tout le monde (ou c'est vraiment l'impression qu'il donne). Il possède un pistolet à balles anti-monstres très efficace, et peut utiliser la magie de son sutra du ciel maléfique.

Il a été trouvé par Sanzo prisonnier dans une montagne, depuis il ne le quitte plus. Petit être franc, honnête et glouton, il semble être le plus attaché à tous ses compagnons de voyage et n'hésite pas à rendre service à qui que ce soit. Il est du genre bonne nature, insouciant et très expressif, et n'arrête pas de se chamailler avec Sa Gojyo. Son arme est un bâton/nunchaku qui peut s'allonger à son désir. Gokû possède une grande force malgré son petit gabari, c'est un monstre et peut être un tueur incontrôlable et sans pitié si on lui enlève la couronne limitant son pouvoir.

Il est né d'une union entre une humaine et un monstre (enfant tabou), d'où sa couleur de cheveux. C'est aussi pour cela que sa belle-mère ne le supportait pas et a voulu l'assassiner. Mais son demi-frère, Jien également nommé Dokugakuji, l'a sauvé en tuant sa mère. C'est un personnage fier, individualiste, au style désabusé, lançant des vannes pourries. Il fume beaucoup et est très dragueur (omg ! Quelle débauche
) ...
Son arme est une lance qui se termine par un croissant de lune relié au bâton par une chaîne extensible et rétractile (bref une arme indescriptible).

Autrefois appelé Cho Gono, il vivait avec sa bien-aimée et exerçait le métier de professeur, tout cela en pleine quiétude. Seulement un jour des monstres ont enlevé sa fiancée et ...
chut pas trop de spoil ! Toujours est il que Hakkaï a pété un boulon et a fini par devenir un monstre lui aussi en conséquence de ses actes.
Sans doute le personnage le plus chargé en souvenirs douloureux qu'il cache derrière le masque du personnage débonnaire. Il est calme, humble, serviable, toujours souriant et plutôt gentil. Il possède des limitateurs de pouvoir pour éviter qu'il se transforme en monstre incontrôlable et sanguinaire. Il n'a pas d'arme contrairement aux autres, mais contrôle une sorte d'énergie psychique pour venir à bout de ses opposants. Il est accompagné d'un petit dragon qui peut se transformer en... jeep.

C'est le fils de Gyûmaô et a été enfermé dans le château de Hôtô après la défaite de son père. Il se doit de suivre les ordres de la reine Gyokumen dans l'espoir qu'elle libère sa mère qu'elle retient prisonnière par un sortilège. Il envoie donc tout un tas de monstre pour éliminer Sanzo et son équipe. C'est un monstre, il est très protecteur envers les membres de son équipe. On peut pas vraiment dire qu'il soit foncièrement méchant. Il se bat à l'aide d'invocations.

Demi-soeur de Kogaiji et fille de Gyokumen. Elle ressemble beaucoup à Goku dans son comportement.

Ce monstre est le demi-frère de Sa Gojyô, Jien. C'est un allié de Kogaji et lui est très fidèle.

C'est une biochimiste, alliée à Kogaiji, qui dans le passé l'a sauvée. Jeune femme très calme et sensible, elle veille sur Ririn. C'est également un monstre et elle se bat à l'aide de potions et explosifs.

Une femme-monstre sans pitié, c'est elle qui dirige l'opération de résurrection de Gyûmaô. Elle est prête à tout pour atteindre son but.
L'animation est bien faite, le trait de dessin respecte parfaitement le coup de crayon de la mangaka (Kazuya Minekura) du manga d'origine. Les personnages sont dessinés de façon très personnelle, très maigres et anguleux, et même légèrement androgynes, sans doute aussi parce que la mangaka est une femme. Les héros font assez bishônen dans leur style... Après on aime ou on aime pas. Techniquement je dirais que le dessin est fait avec justesse, pas de poses bizarres ni de trucs étranges qui choquent. C'est beau et propre mais sans plus.
Question musique d'ambiance, elle s'accorde sans problème à la situation. Un bémol pour la musique des combats version victorieuse qui a le don de me taper sur les nerfs... En plus elle est très répétitive. D'autres sont très sympas, et d'autre plus que quelconques. A noter que le compositeur des musiques n'est autre que Motoi Sakuraba (Valkyrie Profile : Lenneth ou Star Ocean : till the end of time.)


Même si l'histoire de Gensomaden Saiyuki est romancée, c'est une interprétation très libre de la célèbre légende chinoise du Roi des singes. Beaucoup de manga ont utilisé cette légende comme base scénaristique.
Il faut déjà savoir que cette légende s'inspire d'un fait réel, le voyage du moine Hiuan Tsang à travers la Chine vers l'Inde au VIIème siècle pour découvrir le bouddhisme, mais est très éloignée de la réalité.
Elle se compose de deux parties. La première, le roi des singes, relate l'histoire de San Goku, singe né sous un rocher magique qui va devenir le roi des singes. Ce singe très ambitieux et irrespectueux va déclencher la colère de Bouddha qui va l'enfermer sous la montagne des cinq éléments. Si la série télévisée Saiyuki fait un clin d'oeil à ce détail lors de la rencontre entre Goku et Sanzo, c'est clairement la deuxième partie de la légende périple vers l'ouest dont elle s'inspire.
Elle décrit le voyage du moine Tripika (Hiuan Tsang) en pélerinage en Inde pour obtenir les sutra afin d'améliorer la vie des hommes. Il est accompagné de San Goku qu'il a libéré de sa montagne, le Général Zhu Bajie transformé en cochon (le Cochon aux Huit Vœux) et Shaseng le Bonze des Sables devenu démon de la rivière. Tous réalisent ce voyage afin de racheter les erreurs passées, qui les ont transformés en démon pour les deux derniers. On peut noter également que la monture de Tripika est un prince dragon transformé en cheval. Voilà pour les grandes lignes, on ne peut clairement que voir les liens entre l'animé et la légende...

Stéréotype, c'est vraiment le mot pour décrire cet animé.
L'histoire se déroule déjà dans un décor moyen-âgeux japonisant n'excluant en aucun cas quelques anachronismes (les flingues, la clope, la jeep...). Mais le mélange ne prend pas très bien et tombe assez à plat.
Au départ, le caractère violent, désagréable et cruellement dénué d'empathie de Sanzo, qui rend difficile de croire qu'il y ait quoi que ce soit de religieux en lui, pourrait donner l'impression d'une certaine originalité dans les personnages. Mais, le coup des héros encore plus infâmes que les méchants et ces derniers finalement assez sympathiques, on a déjà largement vu... ne serait-ce pour exemple que dans Le Nouvel Angyo Onshi. Les situations des héros, leur caractère, leur passé... ne sont pas si exceptionnels tant ils tombent dans la caricature ou le déjà-vu. Ces personnages sont même typés de façon si traditionnelle qu'on se demande parfois si on a pas à affaire à un boys-band (le brun gentil-mignon, le pervers alcolo, le blond énigmatique et le petit excité).
A l'identique pour le stéréotype des héros torturés par leurs passés, qui préfèrent se battre seuls par fierté ou pour ne pas impliquer les autres dans leur vécu, qu'on retrouve assez fréquemment dans les mangas ou les RPG. Au final, des héros assez ringards, qui roulent des mécaniques et se moquent de leurs ennemis façon « ptites boules » ( expression copyright Olivier)...
Un pur exemple : « T'es vraiment trop con », réponse de Sanzo : « C'est toi le con » (han ! Le moine trop rebelz ! ). C'est là qu'il faut rire. Les vannes que se lancent Sanzo et son équipe ou leurs ennemis sont à pleurer de rire tant c'est la pitié totale. Les héros style crâneurs flinguards c'est vraiment agaçant à la longue.
Dans la même veine il faut ajouter les réactions (à la con) des héros quand ils vont mourir (deux heures pour crever avec tout un tas de réflexions philosophiques neuneu), ajoutons à cela les suuuu-peeeer-beeeuh retournement de situation qu'on s'y attend même pas dites donc et je vous fais grâce des situations encore plus débiles. Mettons-nous bien d'accord, les attitudes et réactions des persos de cet animés qui se veulent classieux ne dépassent pas le niveau d'un mauvais Brice de Nice (c'est dire -_- )
Sous cet aspect là on peut vraiment des fois se dire : qu'est ce qu'il est naze cet animé !
Ce qui sauve plus ou moins l'affaire, ce sont les combats assez bien agencés et parfois prenants ainsi qu'une trame scénaristique qui finit par se rendre attachante. Au final ça rend quelque chose d'assez intéressant, mais il ne faut définitivement pas en attendre plus qu'il ne peut en donner.


Comme dans tout bon shonen qui se repecte l'intérêt principal est porté sur les combats, on y retrouve aussi les sensibles et naïves jeunes filles à fortes poitrines, ainsi que des morales gentiment niaiseuses (on est des gentils mais pas très gentils, les monstres sont pas tous des méchants... j'en passe), ou d'autres qui se voudraient dark ou malsaines (si tu vois bouddha tue le, blablabla...) mais qui n'en sont que plus crétines encore au final.
On notera en conséquence un certain manque de suspense puisque l'histoire consiste plus en anecdotes de voyage débouchant sur des combats contre des monstres, délivrer un village ou en flash back dans le passé d'un protagoniste, il n'y a au final pas grand chose à suivre.
Comme je vous décris la première saison de cet anime, autant être franche et directe, j'ai été également déçue par la fin qui se termine en queue de poisson (pas d'affrontement final rien, nada).
Partant d'une légende, on pourrait s'attendre à quelque chose de très légendaire, même sans rentrer dans le délire des dragons et créatures en tout genre (à l'instar du manga Le Nouvel Angyo Onshi qui intègre l'esprit des légendes coréennes à merveille)... En fait, rien de tout ça. Il y a les monstres, les humains, une bonne baston entre les deux et voilà


Ce qu'on peut dire en conclusion c'est qu'on à faire là à un vrai shônen de base : un scénario classique qui se veut recherché et original mais qui ne l'est pas au final, un humour d'ados attardés (désolée pour ceux qui aiment mais bon c'est la triste vérité), des personnages particuliers mais déjà vus et trop caricaturaux, une ambiance assez banale avec des scènes de combats tout aussi banales dignes de tout shonen moyen...
Nul alors se dira-t-on ? Et bien étrangement même pour moi, ça se mange bien, et vite ! L'action est bien rythmée, même si pas mal de trucs au final rendent cet animé bien agaçants par moments, il est bien agencé si bien qu'il est plutôt intéressant.
D'ailleurs il est bien possible que le problème vienne que les goûts et les couleurs ça ne se discute pas. Quelqu'un qui n'a pas vu beaucoup d'animé va peut être adorer. Ainsi pour moi les personnages au passé sombre ou qui se la jouent sombre ça me fait pincer le nez, mais d'autres ne rêvent que de ça. Dans la même veine, je trouve qu'ils se sont trop attardés sur le passé des personnages... Mais une autre personne jugera que c'est aussi un intérêt de la série, que de reposer sur de solides personnages bien cernés et peut permettre au spectateur de s'attacher aux personnages. La même chose au niveau de l'attitude des héros ou de la supposée « classe » de Sanzo : Moi ça me laisse super froide, d'autres y trouveront leur compte.


Donc oui, bizarrement j'ai aimé Saiyuki malgré tout ces détails « tue-l'amour » qui saoulent, il est intéressant à suivre. Je pourrais dire qu'une fois au courant de tout cela, cet anime peut vous faire passer un bon moment. Mais il n'est pas l'anime ultime qu'il vous faut impérativement dans votre collection. Juste un truc à regarder les soirs de cerveau en vacances avec une bière à la main et la pizza dans le micro-onde ;-)




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