






Critique
Posté le 22 octobre 2007 à 02h03 par Olivier
A la vieille maison où vivent les Haibane, c'est l'effervescence. Un nouveau cocon vient de faire son apparition, c'est Reki qui l'a découvert par le plus grand des hasards. Elle tente de le protéger de la curiosité des petits Haibane qui piaillent à la porte, mais c'est bien compliqué... Pensez, après deux ans sans nouvelle arrivée, c'est toute une aventure !
Le cocon est énorme, il prend toute la pièce, il est proche de la maturité... soudain il se fend , éclate et le liquide qu'il contenait se répand en libérant une jeune fille : Rakka.
Rakka ne connait pas son nom, tout son passé s'est effacé. Mais ce nom de Rakka lui est d'office attribué car à l'intérieur du cocon, elle a rêvé - mais est-ce un rêve ? - qu'elle tombait du ciel (Rakka = chuter en japonais). Ainsi sont nommés tous les Haibane puisqu'ils ne peuvent rien dire sur eux-mêmes : d'après le rêve que chacun fait dans le cocon originel.
Reki prend la jeune fille immédiatement en charge car celle-ci est très faible et elle sait bien ce qui va se passer... Des traces rouges et tuméfiées déjà apparaissent dans le dos de Rakka... La peau se tend, se fendille, se déchire et dans une gerbe de sang deux ailes d'un gris cendre profond se déploient. Rakka est une Haibane.
C'est avec elle et au-travers de ses yeux que nous allons découvrir jour après jour ce monde dans lequel elle vient de (re) naître... Les cinq autres Haibane qui l'entourent et partagent sa vie dorénavant (en plus des petits Haibane franc énervés
) ; la belle et étrange ville de Guri close par un mur infranchissable ; la vie paisible et heureuse à la vieille maison ; quelques réponses aux quantités de questions qui bien sur, et comme nous, l'assaillent ; et plus encore, le destin tragique et merveilleux des Haibane.

C'est la nouvelle arrivante chez les Haibane. Douce et très "affective", elle a un petit côté naîf qui s'émerveille de tout, comme les japonais aiment à en donner à leurs héroïnes principales. Mais elle n'a rien d'irritant en cela, ne comptez pas sur une potiche de plus :-) Bien au contraire, c'est elle qui allumera la mèche de beaucoup de remous chez les Haibane et sera source de salut. Elle est aussi perspicace, puisqu'elle trouvera bien des réponses.
Dans le cocon, elle a rêvé qu'elle tombait du ciel, aussi elle s'appelle Rakka
Elle est ici depuis 4 ans. De prime abord, avec un tel visage, on se dit : allez, hop, c'est l'intellectuelle du groupe, elle ! Ben pas du tout, elle travaille en fait à la boulangerie et elle adore faire des gâteaux et... en créer de nouveaux (vous comprendrez en regardant
). Elle est en charge de la création des nouvelles auréoles lorsque c'est nécessaire. Gentille et souriante, on ne la découvre que peu au-travers de l'animé. Mais elle n'est pas non plus un des personnages centraux.
Dans le cocon, elle a rêvé qu'elle était baignée de lumière, aussi elle s'appelle Hikari (lumière)
Elle est ici depuis 9 ans. C'est la plus ancienne du groupe. Nemu travaille à la bibliothèque et elle a une passion en plus des livres : dormir
Elle dort partout et tout le temps, elle a toujours un visage un soupçon ensuqué :-p On la sent attentive aux autres dans son caractère, mais ne parvient pas à être aussi ouvertement affective que Reki. Elle fait un peu office de "mère" du groupe, même si les rôles ne sont pas aussi clairement distribués.
Dans le cocon, elle a rêvé qu'elle... dormait
, aussi s'appelle-elle Nemu (sommeil)
C'est la plus jeune du groupe, et même plus jeune que Rakka même si elle est là depuis 2 ans.
Kuu a un tempérament heureux et rêveur. Ne faites pas la même erreur que moi au départ : c'est bien une fille, pas un garçon ! Elle est très attachée aux autres Haibane et se voudrait plus grande qu'elle n'est en réalité.
Dans le cocon, elle a rêvé qu'elle volait dans les airs, aussi elle s'appelle Kuu (air)
Elle est ici depuis 3 ans et elle aussi c'est une fille ! :-p Bon, ok, ne cachant pas son côté garçon, on a vite fait de se tromper, alors je vous préviens de suite
Elle fonce partout, toujours et surtout à vélo, Rakka en saura quelque chose ! Elle travaille à la tour de l'horloge et réparer la mécanique des horloges, c'est son grand truc. Son patron est très strict avec elle, mais c'est parce qu'il sait qu'elle papillonne dans tous les sens si on la tient pas un peu et... parce qu'il l'adore :-) Kana, elle, adore jouer des tours, c'est le sourire du groupe vraiment.
Dans le cocon, elle a rêvé qu'elle nageait dans une rivière et était environnée de poisson, aussi elle s'appelle Kana (Kawa = rivière / Sakana : poisson)
Son activité consiste à s'occuper des petits Haibane... et y a du boulot :-p Elle est ici depuis 7 ans, elle est donc la plus ancienne après Nemu. Reki est très attachée à Rakka, mais elle est très "protectrice" également avec les autres Haibane... Et à la fois, elle est très "rentre-dedans". Comme je le disais, il n'y a pas de hiérarchie si établie, mais il n'en reste pas moins qu'en situation de crise, c'est Reki qui prend les choses en main, elle est décisionnaire, même si parfois un soupçon trop impulsive. Elle a également un passé "trouble" chez les Haibane comme vous le découvrirez, et elle possède deux caractéristiques par rapport aux autres Haibane. L'une je vous la laisse découvrir (no spoil !) et la seconde c'est qu'elle ne se souvient pas de la totalité de son rêve dans le cocon.
Ce dont elle se souvient c'est qu'elle marchait sous une lune rouge sur une route caillouteuse, aussi elle s'appelle Reki (petit caillou)

Peut être vous ai-je fait un peu peur avec mon petits résumé des débuts d'Haibane Renmei
Peur de vous retrouver face à un truc larmoyant et qui vous file un vilain coup de blues.
Et bien je vous rassure de suite ! Si je vous en promet des larmes - oh oui ! - je vous promet tout autant de sourires, et surtout, surtout, ce que je vous assure sans faille et qui domine profondément, c'est une émotion tendre, chaude et quasi lumineuse.
Si vous avez en vous une once de sensibilité, vous avez la promesse de vous sentir ému et réellement remué au dedans à chacun des épisodes de cette série. Et à chaque fois pour des raisons différentes. Car elle n'abuse jamais et en rien des subterfuges larmoyants ou des drames surfaits et inutiles. On est certainement pas dans Candy ou Rémy sans famille
Et plus sérieusement, on est très loin d'un animé comme Le tombeau des lucioles par exemple. Le coup de blues, vous pouvez l'oublier, ce dont vous pouvez être certain, c'est qu'après avoir vu les 13 épisodes de cette histoire, vous ne verrez plus jamais complètement la vie de la même façon, et que vous serez remonté à bloc avec un grand sourire qui vous fera le tour de la tête :-D
Et pour parvenir à une telle intensité émotionnelle, il faut autant d'histoire que d'éléments techniques... petit tour d'horizon de comment la magie opère.
L'histoire, elle est portée toute entière par le créateur originel de Haibane Renmei : ABe Yoshitoshi. Connu pour Serial Experiments Lain notamment, cette fois-ci, il passe la vitesse supérieure et s'offre une oeuvre totalement à lui, graphisme et scénario.
Le chemin qui l'a fait arriver là est assez tortueux. De fait, Haibane Renmei est né dans son esprit en 1998 pour une parution dans un fanzine de base. C'était juste une petite création avec des anges qui avaient pour caractéristique de ne servir absolument à rien
Il s'amusait juste à les mettre en scène dans des petits sketchs pour des considérations sur la contrainte de la vie d'ange (les ailes, c'est galère avec les vêtements, que faire de drôle avec son auréole...). Le temps passe puis en 2001, il reprend sa création et se dit qu'il doit bien y avoir quelque chose à en tirer. Il fait paraître alors également en fanzine ce qui deviendra les deux premiers épisodes d'Haibane renmei, l'animé.
Ca a dû ma foi beaucoup plaire puisqu'il n'a pas le temps d'aller beaucoup plus loin et immédiatement le projet de la série animée est lancé.
Il écrit alors la totalité du scénario, peaufine ses personnages dans leurs caractéristiques, créé pleinement un univers étonnant et tient également la baguette de la création graphique. C'est donc ici une vraie création personnelle, on est au coeur du bonhomme. On retrouve la dimension dramatique et parfois tragique qu'on lui connaissait déjà, mais également un humour omniprésent car il adore visiblement s'amuser avec ses personnages. Cela permet de donner autant de tension à son histoire que de "distance" à celle-ci en remettant toujours un sourire au milieu.
On perd donc le côté larmoyant, puisqu'il n'y a pas à larmoyer, pour retrouver une émotion vraie et pleine. C'est difficile à expliquer, mais on pourrait résumer ça en une phrase finalement : Pleure pas, c'est juste beau :-)
L'histoire est étonnante également par sa simplicité. Trop peut être même pour certaines personnes. Clair que celui qui s'attendra à un remake de Naruto chez les Saint Seiya aura tout faux. Et on évitera de penser que les Haibane vont récupérer une pelleteuse ou des sabres laser (même usagés) pour briser le mur et se faire la malle. Nan ! :-p
Ici, aucune action trépidante, aucun combat de méchas et aucun "Roi de la terreur" qui attend en rigolant sourdement l'heure de sa vengeance. On oublie tout ça :-) Ici, on a le temps d'avoir le temps et les instants sont précieux pour peu qu'on sache les regarder.
C'est donc le quotidien des Haibane qu'on découvre, jour par jour, saison après saison. L'action s'intensifiera ensuite puisque bien sûr Rakka a des choses à comprendre et à accomplir ici, et d'autres avec elle (pas de spoil, pas de spoil
), mais sur la globalité, on n'aura jamais quelque chose d'haletant par l'action pure. L'auteur en fait remplace cela par des petites histoires toutes simples d'où il fait émerger à chaque fois une émotion différente, et particulièrement vibrante. Et si je vous promet déjà que jamais vous n'aurez l'occasion de vous ennuyer, je peux même vous assurer que vous ressortirez haletants de certains épisodes. Haletants, épuisés, remués, traversés de part en part. Si vous êtes comme moi, il vous faudra un bon petit paquet de minutes pour vous en remettre. Et à la suite de ça, un autre bon petit paquet de minutes pour réfléchir à ce que vous venez de voir et tenter d'aller plus loin dans la compréhension de toute cette histoire.
Car l'auteur utilise deux "techniques de narrations" un peu particulières. D'une part, les détails. Surtout n'hésitez jamais à revenir en arrière pour relire une phrase, revoir une image, confirmer un "plan de caméra", écouter un son. Tout a du sens, tout a une signification, beaucoup de réponses vous échapperont si vous n'êtes pas attentifs. Vous savez, c'est comme ces profs qui parlent tout bas pour que les élèves écoutent davantage. Ici l'auteur nous donne des éléments de réponses par de menus détails et une symbolique très riche qui pourraient passer inaperçus si on prend cet animé comme la moyenne des autres séries. Soyez TRES attentifs :-) D'autre part, l'ouverture de l'histoire. Car l'auteur ne tente pas d'expliquer tout. Son histoire est très ouverte et il ne fait que lancer des pistes. A chacun ensuite de se tricoter sa propre compréhension. Honnêtement, c'est fascinant
A quel point on peut passer un temps de malade à imaginer le pourquoi du comment et la raison qui fait que...
Jamais une histoire aussi simple ne vous aura autant fait travailler du chapeau ! Promis, ça vaut toutes les actions trépidantes du monde ;-)

Pour rester dans le travail pur de ABe Yoshitoshi, on peut réellement affirmer que les graphismes aident beaucoup à obtenir ce résultat. C'est... étonnant.
Ho, ne vous attendez pas à trouver là des graphismes somptueux (au sens d'ajourd'hui) entièrement retouchés informatiquement avec moults effets spéciaux et compagnie. Rien de tout ça ! C'est somptueux mais dans un genre complètement différent. Tout a été en fait travaillé comme une aquarelle. Et tout dans les pastels. Le rendu est merveilleux pour une telle histoire, créer une atmosphère à la fois douce, tendre et énigmatique, où la lumière est plus importante que la perfection de ce qui est représenté.
Ca ne veut pas dire que les dessins seront laids ! Bien au contraire :-) Ils sont d'une richesse impressionnante et vous pourrez parfois stopper une image pour apprécier une architecture, contempler la profondeur d'un paysage ou apprécier le rendu d'une émotion sur un visage.
Par contre, à l'occasion l'auteur "fainéante" un peu et on se retrouve avec des personnages ou des lieux moins bien dessinés ou déformés en arrière plan. Bon, reconnaissons ça. Mais à la fois le "flou de fond" est un résultat inhérent à la technique de dessin utilisé. Et par ailleurs ce qui est important se passe toujours au premier plan. Il n'y aura donc pas là de reproche à faire. C'est simplement un choix artistique. Et un choix qui touche parfaitement sa cible : tout dans la vibration, le ressenti et encore une fois l'émotion.

Mais si ABe Yoshitoshi est à la source de tout cela et donc de beaucoup du rendu final de cet animé, d'autres se sont manifestement emparés de son bébé et se sont mis eux aussi à vibrer d'une intensité créatrice étonnante. Je parlerai là en premier d'une chose dont on a pas l'habitude de parler : les sons, les bruitages.
Honnêtement, d'habitude, les bruitages, c'est le parent pauvre, hein... Une boite tombe, ça fait boum, l'eau ça fait plic ploc et les pompiers font pin-pon. L'horreur quoi
C'est fait assez grossièrement en général et la plupart du temps même des bruits sont oubliés.
Ici, c'est le royaume du bruit. Du son, du chuintement, du frôlement... du petit détail sonore qui fait mouche parce que déjà il est parfait, mais en plus il intervient pile. J'ai honnêtement été impressionné par les bruitages de cet animé et la façon dont ils prenaient part à l'action et même à l'histoire. Et, ma foi, c'est bien la première fois que je me dis ça !
Il faut voir, ou plutôt entendre Reki qui fait claquer son briquet et allume une cigarette, le son des chaises tirées, du vélo rouillé, l'eau, le vent, le tonnerre ou même le bruit de l'herbe. Trop fort :-D

Les voix suivent le même chemin et ont manifestement été choisies avec soin. Pour Rakka et Reki, notamment ou encore Nemu c'est absolument parfait et leurs voix participent grandement à leur donner âme, caractère et surtout à nous lier affectivement avec elles.
Aussi c'est d'autant plus regrettable, malheureusement une fois encore, lorsqu'on entend la version française... Ho, notez qu'on sent que des efforts ont été consentis. Pour une fois notamment, ils ne parlent pas "faux" et ne surjouent pas constamment. Mais bon, c'est très très moyennement ça, le timbre des voix d'origine n'a pas été respecté, certaines voix font vraiment crétines et on se retrouve finalement avec un produit type Maya l'abeille ou Olive et Tom si vous voyez le genre...
Morale : VOSTFR pour tout le monde, bien entendu, si vous ne voulez pas perdre 40 % au moins de la valeur de cet animé.
Bon, faudra faire avec, mais pour la VOSTFR j'ai aussi quelques doute remarquez bien puisque les phrases du doublage se retrouveront forcément dans le sous-titrage. Et on échappe pas aux traductions approximatives, aux phrases ajoutées ou dont le sens a été modifié. A vous de faire le tri "à l'oreille", on finit par en avoir l'habitude malheureusement :-s

Pour continuer mon concert de louange, l'animation n'est pas en reste et tient parfaitement bien la route. Bien entendu, ce n'est pas le type d'animé où l'animation est primordiale et saute au visage. Tout est dans le petit détail, l'expression, la posture ou le rendu d'une atmosphère. Mais ces objectifs spécifiques sont parfaitement atteints, sans démonstration technique particulière, mais dans un bon travail bien attentif. Et c'est ce qu'on leur demande après tout : puisque c'est plus là du contemplatif, il s'agit de se faire oublier et uniquement soutenir l'histoire pour faire émerger l'émotion.
Enfin, s'il est bien un domaine qui s'est pleinement approprié cette oeuvre et l'a amené à sa sublimation, c'est bien la musique.
C'est assez étonnant en fait, car au départ on accroche moyennement. L'opening n'est pas chanté et comme on a de mauvaises habitudes de séries à succès teintées de J-Pop, on est surpris
Le ending est chanté mais par une voix assez particulière qui nous fait vraiment nous demander si un jour on aura le goût d'acheter l'OST... ?
Et... Et on en devient fou :-D Enfin moi c'est l'effet que ça m'a fait. Une fois les morceaux bien placés dans ma tête, je n'ai plus cessé de retrouver ces thèmes qui y trainaient tout au long de la journée. On en devient plus attentif alors et on se retrouve face à une musique d'une qualité exceptionnelle. Vous voyez ce que je vous ai dit pour le traitement des graphismes tout en aquarelle et pastels. Et bien ils sont parvenu à trouver une création et un rendu musical fait de la même étoffe.
Tous les morceaux sont d'une grande simplicité apparente, avec des instruments très simples : violoncelle, piano, guitare, accordéon (si, promis, ça rend trop bien
), violon et instruments traditionnels européens et japonais.
Les thèmes sont en général très calmes, doux mais avec une grande intensité émotionnelle. Promis, écoutez le thème "Ailes grises" (en français dans le texte) et il ne vous sortira plus de la tête !
C'est... en fait, c'est de la musique de "campagne". Mais pas la campagne bouses et moutons, non, la campagne lumière, rivière et champs dorés, vous voyez ? Ben voilà, c'est ça. Et ça ne convient pas à cet animé, non, ça lui colle à la peau, c'est LA musique exactement qui était nécessaire. Un travail somptueux de Ko Otani et le groupe Heart of Air. Ils se sont en fait tellement appropriés l'esprit de cette oeuvre et en ont été tant marqués qu'en plus des traditionnelles OST (3 en tout) est sorti un quatrième album, après la sortie de l'animé, qui regroupent des musiques inspirées par cette histoire. Notamment un thème particulier pour chacune des Haibane. Un fait suffisamment rare pour être souligné. En tous cas, si vous croisez une OST d'Haibane Renmei, une des quatre... sautez dessus ! De suite ! :-)

Que dire de plus sur cet animé ? Vous l'aurez compris aisément, il m'a fortement marqué et plu au-delà du possible par des qualités qu'on a rarement l'occasion de voir dans la production traditionnelle. Et si je disais dans ma récente critique d'Haruhi Suzumiya que ce dernier faisait parti de mon podium de tête des meilleurs animés que j'ai pu voir et non pas qu'il est LE meilleur, c'est simplement que Haibane Renmei lui dispute la première place
Avec sa façon de prendre à contre-pied la quasi totalité des éléments communs aux animés actuels, Haibane Renmei se place en marge et l'assume totalement. C'est une histoire à part.
Aucune suite ne saurait être envisagée, il ne reste rien à dire, c'est une fenêtre, un pur et simple moment dans l'éternité des haibane. Mais un moment de pure grâce qui saura, comme je le disais et pour peu que vous ayez un peu d'ouverture de coeur, vous toucher pronfondément et restera marqué en vous pour longtemps. En tous cas, on ne peut que vous le souhaiter.
On ne peut aussi qu'applaudir la maîtrise dont fait preuve l'auteur dans son histoire et le développement de ses personnages. Il nous mène comme il veut, là où il veut et toujours par de simples petites touches. Tout comme dans la qualité de ses graphismes, il n'appuie jamais le trait, ne force jamais la couleur, n'y va jamais à grands coups de pinceaux pour nous décrire tout cela. Un détail, une petite touche, une esquisse, et pouf, ça fait des kilomètres dans votre tête, vous créez en fait l'histoire par votre interprétation tout autant que lui.
Des défauts ? Certainement qu'Haibane Renmei en a. Mais là encore, comme dans le cas de Haruhi Suzumiya, ce sont des choix. On adhère ou on adhère pas, en tous cas c'est comme ça. Certaines personnes ne supporteront tout simplement pas. La lenteur et la simplicité apparentes du propos, le "bête" quotidien décrit, ne conviendra pas à tout le monde. Certains n'y verront que mollesse et mièvrerie. Ils seront, à mon sens, si loin de la vérité ! Et ils perdront l'occasion d'une histoire à l'intensité saisissante en fait. Mais bon, la grâce et la délicatesse n'ont pas toujours la chance de toucher tout le monde 
Ce qui reste au final et de mon avis le plus intime, c'est qu'Haibane Renmei est fondamentalement un de ces animés qui vous fait vous dire que vous ne perdez pas votre temps à regarder ces petits bonshommes qui s'agitent sur votre écran :-) Si vous l'appréciez, il ne saura rester sans effet bien plus profond sur vous. C'est suffisament rare pour que vous n'ayez aucune hésitation à entrer sans tarder dans ce monde précieux, et quand bien même vous deviez affronter la version française ! Allez, Rakka vous y attend déjà...


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