






Light Crusader par Olivier
Posté le 21 mai 2008 à 11h44
Que je vous resitue l'affaire pour que vous compreniez bien dans quel cadre entre ce jeu. On est en 1995, la fin des années Megadrive, mais aussi les « années d'or » pour cette console au niveau français puisque Maitre Sega a décidé d'en mettre un bon coup chez nous et de nous sortir moult bons jeux, traduits en français qui plus est, et possède même une filiale Sega France (morte et enterrée depuis longtemps), c'est vous dire la fête ! En 1993 est sorti Landstalker, au début de cette même période faste, et depuis les « Segamaniaques » sont en extase et en attente du prochain joyaux qui saura prendre la suite dans la catégorie des jeux d'Aventure.
Avec Light Crusader, autant vous le dire, on a tous cru le Saint Graal arrivé. Un même jeu d'aventure avec combat en temps réel, une vue également en 3D isométriques, des donjons retors à plus savoir qu'en faire, des énigmes partout et le tout avec des graphismes et une technique bien améliorés ! On tenait là un sacré challenger. Qu'en a-t-il été finalement ? Vraie réussite ou faux espoirs ? On voit ça de suite en détail :-)
Selon que vous soyez anglophiles ou francophones, vous êtes toujours un beau chevalier blond fort athlétique et du nom de David, mais vous démarrez votre aventure dans le sémillant village de Green Row ou Green Rod. Pourquoi le « rang » est devenu un « bâton », on ne le saura pas, mais bon, c'est vert, c'est bien l'important 
Quoiqu'il en soit le roi du coin vous y a invité en vacances et vous êtes bien content de vous mettre les pieds en éventail après de rudes joutes guerrières ! Mais voili-voilou, notre bon ami le roi avait quand même bien une idée derrière la tête puisqu'aussitôt arrivé vous vous retrouvez chargé d'enquêter sur de bien mystérieuses disparitions d'habitants au sein du dit patelin.
Adieu donc heureuses vacances et doux farniente, vous voici vous enfonçant dans les méandres de la terre, errant dans un labyrinthe vaste et profond et peuplé à 99% de gobelins, ce qui est toujours plaisant faute de vahinés
Il vous faudra résoudre moult énigmes et combattre quantité d'ennemis pour parvenir à libérer dans un premier temps tous les villageois enlevés, puis trouver et vaincre l'origine de ces choses étranges. Une grande aventure qui vous amènera même à voyager dans le temps !
Voilà le décor planté :-)
Dès lors, quoi de neuf dans le petit monde des jeux d'aventure ?
En terme de système de jeu, rien de bien surprenant, on est en terrain connu. L'histoire avance gentiment, on combat et taillade joyeusement dans les ennemis qui se présentent, on résout quelques énigmes pour passer de salles en salles jusqu'au fameux boss intermédiaire qu'on achèvera sans pitié avant de poursuivre sa route.
Ce qui fait davantage la différence au niveau de Light Crusader c'est qu'il ne vous sera pas laissé le loisir de vous balader aucunement. Et c'est bien là ce qui principalement le fit placer par les aficionados nettement en-dessous de Landstalker à l'époque. Je veux dire qu'une fois le tour du village fait, on passe de donjon en donjon, toujours sous terre, et toujours au sein du même et unique village ! Pas de promenade entre les villes donc, pas de cités variées à découvrir, pas de séquences de dialogues avec les habitants, foin de tout cela. Tout se passe en un seul et unique endroit. Evidemment, ça nuit à l'esprit aventurier qui aime, logiquement, à se déplacer :-)
Le jeu en lui-même se résume donc à une lonnnnngue, très longue (et c'est tant mieux pour la durée de vie) suite de salles et de couloirs qui recéleront quantités de pièges et d'énigmes qu'il vaut faudra résoudre pour accéder aux salles suivantes. Du Landstalker tout craché sans les extérieurs quoi.
On remontera bien de temps en temps dans cette fameuse ville unique, mais ce sera uniquement pour changer de donjon et finalement très peu pour discuter ou faire quelqu'achat que ce soit puisqu'on finit par trouver pas mal tout pendant les combats...
D'ailleurs, une remarque de Vlidie, après avoir lu mon test, me fait réfléchir (bon, vous me direz que c'est peut être moi qui suis c... de pas avoir vu ça plus tôt). Mais en fait, songez-y : un unique village, peu de dialogues inter-quêtes, un (ou des en l'occurrence) donjon(s) où l'on s'enfonce pour vivre la quasi intégralité de l'aventure et n'en ressortir qu'occasionnellement... ça ne vous dit rien ? Ben oui, ce jeu a pas mal tout du Dungeon RPG des familles ! Il est vrai qu'on a à faire véritablement à un RPG-Action dans la philosophie du jeu et dans le mode de gestion de notre héros (expériences, objets, achat-vente...). Mais si on nous avait vendu à l'époque ce jeu davantage sous le label du Dungeon RPG, ce qu'il semble bel et bien être dans son principe, la pilule serait quand même mieux passée ! Bon, allez, hop, merci Vlidie, voici étiqueté ce jeu Action-Dungeon-RPG, ça sera beaucoup plus cohérent et maintenant vous serez clairement prévenu de ce qui vous attend 
Mais revenons à nos moutons-zombies et reconnaissons que malgré la succession infinie de salles, les labyrinthes sont néanmoins bien constitués, logiques, intéressants et que les énigmes à résoudre sont d'un niveau très corrects : toujours accessibles mais vous forçant constamment à vous creuser la tête.
Un des reproches reproches qui pourra être fait justement à ce niveau vient d'une lacune de maniabilité. En effet, si notre héros se contrôle plutôt bien malgré la 3D isométrique, le fait est qu'il a un mal fou à lâcher son épée pour saisir les objets dont il aurait besoin. A mon sens, ça doit être collé :-s Mais hors plaisanterie, on se retrouve donc à devoir pousser les objets en les « heurtant » et en les poussant avec notre personnage. Pas des plus pratiques surtout lorsqu'une précision sans faille et une exécution rapide sont requises.
A ce sujet, cela me rappelle une des particularités du jeu. En fait tout ou presque est « poussable ». C'est à dire que où que vous vous trouviez vous pouvez parfaitement tout pousser dans un décor et déplacer tout ce que vous voudrez, objets comme personnages. C'est assez étonnant et libre à vous dès lors de réorganiser les scènes à votre guise pour des effets parfaitement débiles (j'aime beaucoup mettre le roi au coin, hop puni !
).
Autre choix très particulier à ce jeu : le découpage d'ennemis. Enfin, ça ne marche que pour les gobelins, mais c'est très surprenant au départ. En effet, lorsque vous achevez un combat contre un gobelin, il ne disparaît pas dans un petit nuage mignonnet. Non, du tout. Vous le coupez littéralement en deux et le haut de son corps tombe à terre, ou encore mieux vous lui coupez délicatement la tête qui s'en va valdinguer dans un coin de la pièce ! Assez rare dans un RPG de cette époque pour être souligné.
Un dernier exemple : la gestion de l'argent et plus particulièrement de la vente d'objets. Comme dans tout bon jeu d'aventure, pas de niveau d'expérience acquis en combat, ce sont vos équipements qui vous rendront plus fort. Mais plus étonnant là, pas non plus d'argent à l'issu de ces mêmes combats ! Plus logique me dira-t-on, que ferait donc un slime verdâtre avec une petite boursounette bien remplie dans un dédale ? Certes certes. On ne ramassera donc en combat que des objets, comestibles ou non. Et pour se faire de l'argent, il nous faudra donc vendre en quantité. Et c'est là que le réalisme merveilleux fond comme neige au soleil puisqu'aucun magasin ne vous proposera d'acheter vos marchandises ! Non pour cela il faudra, tout au moins au départ, aller voir un chat qui vous échangera vos objets contre monnaie sonnante et trébuchante. Un choix tout personnel dirons-nous ;-)

Comme je l'ai indiqué précédemment nous avons à faire là à une jolie 3D isométriques. Non pas l'angle de vue le plus aisé à manoeuvrer, mais une fois maîtrisé ça ne pose plus trop de problème. Disons que ce choix ajoute aux graphismes puisque ça donne du volume et que ça ajoute de la difficulté de jeu puisqu'on sait combien les perspectives sont alors trompeuses. Les graphismes dans leur ensemble est ce qui marque en général dès les premières images du jeu : c'est plutôt très réussi pour cette époque. Les sprites sont plus gros qu'habituellement, les décors plutôt bien détaillés et variés, les couleurs un peu froides mais respectant une bonne harmonie... on sent bien que c'est la fin des années Megadrive, la machine est maîtrisée, le jeu est beau :-)
Au niveau sonore, cela pourra plus prêter à débat. Si les bruitages sont très corrects, les musiques pourront parfois paraître un peu « étranges ». Mais cela, je pense est censé ajouter au caractère mystérieux de la quête de notre bon David. Et comme l'on s'en va découvrir des mondes « étranges », sous-terrain et même futuristes, c'est plutôt cohérent après tout. Oh, et pour ma part, à l'occasion, j'ai retrouvé des thèmes assez proches ou semblant d'inspiration Landstalker. Je crois que ça n'est pas fait par hasard finalement :-p
Le jeu est assez long en lui-même (pour un jeu d'Aventure !), comptez une vingtaine d'heure pour votre premier essai. Le scénario n'est pas des plus sophistiqué mais il a des « extensions étranges » qui vous dépayseront sûrement. Néanmoins ce n'est pas celui-ci ni les sous-quêtes ( y en a pas) qui rendront votre jeu plus long. Davantage la faute à une maniabilité un peu moyenne du fait de la 3D iso mêlé à cette impossibilité de saisir les objets que j'évoquais plus haut. Autant vous dire que cela vous amènera à recommencer et recommencer encore bien des salles. Un peu irritant à la longue, évidemment.
Un dernier bon point enfin pour les boss. Oui ! De bons gros boss, assez ardus et plutôt bien animés qui rappellent à l'occasion ceux de La Légende de Thor, vous vous souvenez ? Plutôt sympa quoi, y a de quoi taillader dans la masse :-)
Que retenir au final de Light Crusader ?
Ma foi, un jeu d'aventure très honorable qui répond techniquement présent dans sa globalité. Une prise en main facile mais une maniabilité, pourtant vitale dans ce jeu, un soupçon irritante et mal pensée. En tous cas un jeu que l'on réservera avant tout aux non-claustrophobes, gros amateurs d'énigmes en tous genre et de donjons tortueux plutôt qu'aux aventuriers qui aiment se balader en extérieurs, explorer des lieux très divers et les discussions « villagesques ».
Un bon jeu, original par certain côtés et intéressant, mais qui aurait demandé plus de diversités et d'esprits aventurier pour entrer dans la légende :-)



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