Test

Champions of Norrath
~ Sorti sur ~
PS2
~ test ~
rédigé par GhostDog
Fiche Jeu

Console : PS2

Genre : [Diablo-Like]

Dév. : Snowblind Studios

Sortie : 24/06/2004 [Europe] Date de la dernire sortie du jeu

Champions of Norrath par GhostDog

Posté le 7 novembre 2005 à 21h22

Le hack’n slash, un genre où l’on doit tailler dans les rangs adverses à grands coups de hache et de sorts surpuissants, le tout dans la joie et l’allégresse la plus totale. Sur console, son digne représentant a pour nom Dark Alliance, qui prend place dans l’univers de Baldur’s Gate. Et c’est justement le studio (Snowblind) à l’origine de celui-ci qui revient à ses amours en nous concoctant ce Champion of Norrath, avec cette fois-ci comme caution scénaristique l’univers d’Everquest. De quoi déboulonner la référence de son piédestal ? Quel suspense insoutenable messieurs dames…

Engagez-vous!

 

La situation est tendue dans le village de Kelethin, bâti au sommet des arbres de la forêt de Faydwer. En effet, un violent conflit oppose la population locale (des elfes) à une armée d’orques et de gobelins à l’amabilité digne d’une porte de prison. Le chef du village prend alors l’initiative de rassembler une poignée de Héros, venus de tout Norrath, pour leur demander leur aide à un moment aussi critique. C’est ainsi que vous e ntrez en scène, choisissant votre personnage parmi les cinq classes disponibles, celles-ci se déclinant aussi bien au sexe masculin que féminin (ce qui nous fait donc un total de dix personnages). Plus concrètement, nous avons le choix d’endosser les rôles suivants :

 

  • Le Guerrier barbare : c’est le bourrin de service, un combattant très physique et ultra efficace au corps à corps, sachant manier les armes de mêlée avec une maestria inégalable.
  • Le Sorcier érudit : il peut apprendre des sorts puissants, idéal pour infliger des dégâts à distance. Beaucoup plus faible en mêlée.
  • Le Fléau d’ombre elfe noir : un excellent combattant au corps à corps, versant en outre dans les sorts de maladie et la magie noire. Ainsi, il peut invoquer les morts et « convertir » à sa cause les ennemis mort-vivant.
  • Le Prêtre haut elfe : un bon guerrier en mêlée, particulièrement doué pour manier les armes contondantes. En outre, c’est un adepte de la magie blanche avec tout un arsenal de sorts de soin et de protection. Très efficace contre les mort-vivants.
  • Le Rôdeur elfe sylvestre : un personnage très porté sur le combat longue-distance, maniant avec dextérité les arcs. Bon combattant en mêlée, il dispose pour ne rien gâcher de quelques habilités pour la magie.

 

Choisir sa classe nécessite un peu de réflexion tant elle va conditionner votre manière d’appréhender le jeu. Chacune possède ses caractéristiques et skills propres, chacune a accès à des armes et armures différentes, chacune dispose de ses forces et faiblesses. Une fois ce choix effectué, vous pouvez personnaliser votre héros/héroïne en lui donnant un nom et en modifiant quelque peu son look (couleur de peau, coupe de cheveux, tatouage…mais les choix sont restreints, dommage). Ensuite, vous avez quelques points à répartir entre quatre caractéristiques (Force, Intelligence, Dextérité, Constitution). Et vous voilà prêt pour l’aventure, avide d’en découdre…

 

 

La révolution attendra...

 

L'aventure se décompose en cinq actes. Je ne pense pas surprendre en écrivant que la guerre d’apparence locale cache en réalité un conflit beaucoup plus vaste menaçant Norrath dans son ensemble, le réel danger étant incarné par le Dieu de la Haine en personne, répondant au doux nom d’Innoruuk et dont les intentions ne respirent pas la paix et l’harmonie. Le déroulement du jeu est très classique vu qu’il s’agit avant tout de nettoyer les niveaux et de faire le « coursier » pour certains NPC (récupérer tel objet, sauver telle personne…), l'ensemble se montrant d'une implacable linéarité. La mécanique narrative fait preuve quant à elle d’une incroyable déficience : les dialogues, inintéressants et enchaînant les banalités et clichés affligeants avec un rythme fort soutenu, sont doublés par des acteurs débitant leur texte avec un investissement et une conviction proches du néant, la mise en scène des cut scene brille par son indigence et un dynamisme aux abonnés absents, et le jeu multiplie les situations et rebondissements tristement convenus. Que dire de la fin, qui n’aurait point démérité sur mon bon vieux Amstrad CPC 464 ? Quant à votre personnage, n’envisagez même pas un quelconque profil psychologique fouillé, une exposition exhaustive de ses motivations et de son passé. Non, il est plutôt du genre muet et creux, se contentant de faire ce qu’on lui demande sans poser de question superflue. Vous aimez les histoires joliment contées et rondement menées, mettant en scène pléthore de personnages transpirant de charisme? Passez votre chemin, merci d’être venu. Ici, on ne s’embarrasse pas d’artifice narratif : on va à l’essentiel et on cogne ! Du hack'n slash pur jus (genre où le scénario n'est qu'un vague prétexte aux tueries), CofN se contentant d'en reprendre la recette et les codes, largement usités dans les Diablo et les DA, sans chercher à les transcender. Les amateurs apprécieront...

 

 

Tuer, piller, tuer...

 

Le cœur de CofN est d’arpenter les niveaux, aux thèmes variés (forêts, donjons et caves lugubres, monde de lave, monde de glace, sous l'eau, désert...) et au level-design plutôt abouti (bien que sans touche de génie particulière), dans le but de dévaster les pauvres légions de monstres qui ont le malheur de croiser la machine à tuer que vous dirigez, et ce pour accumuler les points d’expérience. La montée en puissance de votre avatar est sans nul doute l’élément le plus réjouissant du soft. A chaque niveau (jusqu’au level 50 au maximum), vous gagnez le droit de distribuer une poignée de points dans vos quatre caractéristiques et engrangez surtout des points de compétence pour acquérir des techniques de combat ou des sorts magiques. Le système de compétences de CofN ressemble à s’y méprendre à celui de Diablo II en se dessinant en arbre avec tout ce que cela implique comme connexions entre les techniques. En effet, certaines ne se débloquent une fois un certain niveau atteint ou lorsque d’autres ont été activées précédemment. Globalement, ce système offre une liberté appréciable, permettant d’anticiper à l’avance le développement de son personnage en vue soit de le spécialiser dans une voie spécifique soit de lui faire apprendre le maximum de techniques. On peut même décider de stocker les points de compétence pour les utiliser ultérieurement.

 

Mais la personnalisation de son avatar ne s’arrête pas à cette chasse frénétique aux EXP. En effet, l’autre plaisir jouissif de CofN consiste à dégoter l’arme ou l’armure ultime, et à amasser argent et trésors disséminés dans les niveaux ou rejetés par les ennemis fraîchement passés à trépas. Et il y a de quoi faire, les lieux (générés aléatoirement) regorgeant d’objets divers et variés, et les monstres se révélant d’une générosité sans faille. L’inventaire affiche rapidement complet, imposant de multiples aller-retours (merci les parchemins de téléportation) chez le marchand pour y revendre le butin récolté. Et si vous ne trouvez pas votre bonheur dans ce joyeux bordel, sachez que vous avez la possibilité de créer l’arme ou la pièce d’armure de vos rêves, celles-ci disposant d’emplacements où vous pouvez incruster pierres et runes aux propriétés diverses. Simple et efficace !

 

 

Hit and Run

 

CofN est avant tout un défouloir et sur ce point, il est plus que réussi. Certes, l’action se révèle rapidement répétitive en se bornant à du massacre incessant, mais le plaisir est quasi-immédiat, notamment par la grâce d’un gameplay bien pensé et simple d’accès, quoique très vite redondant au corps à corps (une misérable combo que l’on répète invariablement). Les ennemis sont coriaces et souvent en nombre, parfois plus d’une dizaine à la fois, et on se retrouve vite submergé et encerclé de toute part. Ce qui nécessite un brin de stratégie pour éviter justement de se retrouver en mauvaise posture mais rassurez-vous, vos neurones ne surchaufferont jamais, l’approche j’avance/je frappe/je recule s’avérant payante et suffisante pour faire face à tout type de dangers, et la difficulté (trois niveaux de difficulté reprenant le principe de Diablo II, à savoir la nécessité de finir le jeu pour accéder au suivant à condition d’avoir atteint le level requis) suffisamment bien dosée pour éviter les prises de tête et autres jets de manette. A noter que, contrairement à DA, il n’y a point de touche saut, ce qui implique la disparition (heureuse) des rares phases de plate-forme présentes chez le concurrent pré-cité, mais d’un autre côté le saut était bien pratique pour s’extirper des rangs ennemis trop collants. Parer les coups adverses au bouclier est donc plus que nécessaire pour survivre, tout comme se montrer raisonnable en progressant avec prudence. Une progression qui peut se faire aussi bien en solitaire qu’accompagné d’amis, le jeu étant jouable offline et online (pas testé) jusqu’à quatre joueurs en simultanée, ce qui autorise des approches plus élaborées du genre un joueur qui se cantonne aux attaques longue-distances tandis que l’autre vient se frotter aux ennemis au corps à corps. Un aspect multijoueur joyeusement plaisant, générateur de petits conflits toujours sympathiques dès qu’il s’agit de ramasser les trésors (« mais pourquoi tu ramasses tout l’argent ?» « je la voulais cette épée !!! » « mais qu’est-ce que tu fait ? Attaques bon sang de m…. au lieu de te précipiter vers le coffre! »…). A noter que le jeu adapte le nombre d’ennemis en fonction du nombre de joueurs en lice, permettant ainsi de maintenir le challenge.

 

 

Grandeur et décadence...

 

Concernant l’aspect technique, CofN reprend le moteur graphique de DA tout en l’améliorant de manière significative. En effet, les environnements se révèlent bien plus travaillés, fignolés, rehaussés par des effets visuels (notamment les sorts) d’une finesse remarquable. Même soin du côté des personnages et des monstres, joliment modélisés (mention spéciale pour la gente féminine, aux formes ma foi agréablement « généreuses »). Et pour profiter de cette avalanche de beauté visuelle flattant nos rétines en toute circonstance, les développeurs ont eu le bon goût d’incorporer trois niveaux de zoom pour la caméra (rotative à 360°), mais pour le joueur solitaire seulement, les parties multijoueurs voyant automatiquement la vue bloquée sur le niveau de zoom intermédiaire. Autre grief, il est regrettable que certains lieux soient plongées dans une obscurité trop envahissante et que les décors, malgré leur haut degré de finition, manquent quelque peu de vie (trop figés, intéractions pas assez nombreuses). Les personnages et les monstres sont correctement animés, bien qu’un poil raides. Les bruitages font dans l’efficacité, la fureur des combats étant bien rendue, accompagnés de mélodies de qualité bien que parfois trop discrètes.

 

Mais cette réalisation léchée a un revers venant entacher plus que sérieusement ce tableau idyllique. En effet, autant aller droit au but, CofN est un jeu bâclé, rempli de bugs divers et variés. Démarrons en douceur par les fréquentes chutes de frame-rate lorsque l’écran est noyé par une dizaine d’ennemis et les effets pyrotechniques des sorts magiques. Ce qui est plutôt acceptable et pardonnable, la PS2 crachant ses poumons. En revanche, le fait que le jeu rame à certains passages calmes ou dès que l’on manipule la caméra choque déjà un peu plus. Cela vire carrément au burlesque quand des ralentissements surviennent chez le marchand lorsque deux joueurs ouvrent le menu d'achat! Du côté de l’affichage, on peut noter un clipping (affichage tardif des décors) bien trop prononcé. Plus grave est le chargement tardif de pans de textures, notamment quand vous vous téléportez dans un lieu. Résultat : quelques secondes pendant lesquelles votre personnage se retrouve dans un écran noir du plus bel effet. Autres joyeusetés du même acabit, signalons les bugs avec les voix, les freezes intempestifs qui peuvent survenir pendant le jeu et les plantages pendant les temps de chargement, ce qui est toujours très sympathique quand on n’a pas sauvegardé depuis quelques temps. Tout cela laissant à penser que CofN a oublié de passer par la case « optimisation » à la fin de son développement, ce qui est franchement décevant pour un produit aux qualités indéniables. Un désagréable manque de finition tendance "foutage de gueule" qui vient quelque peu altérer le plaisir de jeu, surtout en multi, mais sachez qu’avec une bonne dose de tolérance et de patience on peut passer outre, CofN faisant partie de ces jeux étrangement addictifs qui fait qu’il est impossible de lâcher le pad avant d’en avoir écumer tous les recoins et éliminer toute trace de vie à grands coups de hache bien sentis, défouloir idéal pour se libérer des émotions négatives accumulées tout le long d'une journée harassante ou pour se retrouver entre amis...

 

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