



rédigé par Olivier


La légende de Thor par Olivier
Posté le 12 novembre 2005 à 04h40
Voici un jeu qui a fait parler de lui a sa sorti, en 1995. En bien et en mal puisqu’il prenait à rebrousse-poil tous les « usuels » des RPG, montrant des qualités que l’on attendait pas dans ce type de jeu et n’offrant pas ce qu’on en espérait. Un mauvais jeu ? Certes non ! Explications.
Vous incarnez Ali (houuu, quel exotisme ;-)), fils de roi, prince de son état, glandeur notoire et explorateur à ses heures.
Précisément c’est au cours d’une de ces explorations sur une île toute proche des rivages de son pays qu’Ali fait la découverte d’un très ancien trésor. Il ouvre un coffre, saisi l’objet qui se révèle être un bracelet d’or, et, curieux, le passe à son bras. Dès lors une voix s’élève et explique à Ali la fameuse légende de Reharl et Agito. Anciens propriétaires de ce même bracelet d’or ainsi que celui d’argent, ils se sont livrés bataille durant des années jusqu’à s’entre-détruire. Les bracelets furent perdus avec la fin de leurs maîtres respectifs. Si Ali retrouve aujourd’hui le bracelet d’or c’est purement et simplement parce que le bracelet d’argent vient d’être retrouvé également par une autre personne. Qui ? Mystère
Aussitôt ce récit terminé, la terre se met à trembler et l’île s’enfonce à nouveau dans l’océan pendant qu’Ali rejoint précipitamment le rivage en ramant comme un perdu dans sa barque.
Arrivé dans le petit port de pêche, il remarque tout de suite que d’étranges choses se trament… Et effectivement une tripotée de monstre gros comme ma cuisse apparaît soudain et tentent de mettre le village à sac. Boudiou, le sang d’Ali ne fait qu’un tour et il avoine copieusement tous ses fauteurs de trouble avant de partir rejoindre son maître à penser dans sa case toute en paille.
Là bien sûr, son maître lui apprend que de grandes perturbations sont à prévoir, qu’il lui revient de trouver et vaincre le fameux bracelet d’argent puis Agito à peine revenu des limbes dans la foulée… Enfin bon, à Ali de faire tout le sale boulot, donc, en voiture Simone, l’aventure débute


Ce qui étonne de suite dans ce jeu, c’est la grosseur de ses sprites… A l’époque, il faut savoir que les personnages représentés à l’écran, les sprites, tenaient plus du petit-mini pâté de pixels que du beau personnage représenté avec moult détails. Je parle là du cas des RPG bien sûr.
Dans ce jeu d’aventure donc, les sprites sont vraiment très gros et fort bien détaillés. A tel point d’ailleurs qu’on le compara à l’époque avec un autre jeu de légende : Street Fighter 2. Vous voyez la taille des persos ? Ben ça fait ça
Mais la comparaison avec un jeu de baston ne s’arrête pas là.
En effet, dans ce jeu d’Aventure (A-RPG aujourd’hui), Ali dispose de toute une palette de mouvement qui étaient vraiment plus que surprenante pour l’époque. Ali marche, court, saute, donne des petits coups de poignards, de grand coups circulaires, a des attaques basses, attaques aussi avec ses pieds, enfin ça bouge vraiment impec. Plus que ça, Ali dispose même de coups spéciaux déclenchables par l’appui simultané ou consécutif d’une série de bouton, en fait, exactement comme dans un jeu de baston.
Les ennemis qui sont à vaincre dans les écrans successifs du jeu sont pléthoriques : un tous les trois pas environ, ça attaque de tous les côtés, et en plus ils reviennent ! Ca sort de terre, ça arrive par les airs, ça vous met des pains dans tous les sens, pour ça, y a de quoi se battre et faire une hécatombe de méchants absolument pharamineuse.
Les ennemis en cela sont très diversifiés, vous en aurez de toutes sortes, tous très bien animés, possédants leur points forts et faibles respectifs, aucun risque d’ennuis pendant que vous jouerez, c’est promis !
Et plus gros encore, les boss ! Vraouuuum, ça c’est du boss ! Du boss énorme, fort bien animé et qui se défend plus que puissamment. Quelques exemples comme le Dragon ou le boss de fin me reviennent en mémoire… Ha oui, de beaux boss, ça y a rien à dire
Mais bon, pour pourfendre tout cela joyeusement, il faut quelques armes à Ali.
Et Ali en dispose ! Du poignard de base à l’épée classique ou ATM (de feu), de l’arbalète à la grenade ou même la bombe à lancer sur ses adversaires, Ali possède tout un arsenal qui lui sera bien utile.
Choses étonnantes encore une fois, les armes ne sont pas éternelles. Elles valent pour un certain nombre de coups portés, puis se brisent. A vous ensuite d’en trouver une autre et de vous en équiper selon les besoins du moment, les ennemis rencontrés ou les énigmes à résoudre. Néanmoins, petite confidence, il existe dans le jeu, des armes « éternelles » et extrêmement puissantes qui sont à recueillir lors de challenges cachés particulièrement ardus. Mais une fois obtenues, wow, quelle fête ! Exploser du streum à l’épée ATM infinie, c’est un vrai bonheur !
Identiquement, Ali ramasse au court de son périple toute sorte d’items qui lui seront utiles pour remonter sa vie et sa magie. Ca se présente par exemple sous la forme d’un gros gâteau, d’un gros poisson, ou d’une grosse gousse d’ail (??) Les emplacements dans votre inventaire sont limités, donc à vous de faire vos choix et de ne conserver avec vous qu’un panel d’objet particulièrement utiles et performants.
Enfin, Ali, aussi fort soit-il ne saurait vaincre seul. Il lui a alors été adjoint des esprits élémentaires.
Il les rencontrera au court du jeu et il passera de palais en palais en déjouant tous les pièges afin justement de libérer ses esprits qui viendront alors l’épauler dans sa quête. Il y a ainsi Dytto, l’esprit de l’eau, capable de remonter la vie d’Ali et de lancer des attaques de tornades. Efreet, l’esprit du feu. Gros géant de feu capable de souffler des flammes et d’attaques explosives… Et puis Shade, esprit de l’ombre et Bow, esprit de la terre.
Vous découvrirez leur utilité et leur maniement par vous-même, mais notez par exemple que ces esprits vous seront d’une très grande aide et pourront être eux même la solution à de nombreuses énigmes. Exemple, une stalagmite de glace vous bouche l’accès à une porte, il suffit d’invoquer Efreet et de lui faire souffler le feu pour la faire fondre en un instant, vous libérant le passage. Tout le jeu est constuit de cette façon, alternance de combats acharnés et de petites énigmes que vous résoudrez en utilisant tous les moyens à votre disposition.


En cela donc, l’aventure est belle ! Mais elle est courte… Et on ne saurait plus linéaire.
Assurément, le scénario ne reportera pas un oscar, non. Très linéaire, très basique, hormis quelques surprises, ont s’attend à la fin dès le départ ma foi. Et au final, cette linéarité donne un jeu très court, fort logiquement. On enchaîne combats et énigmes comme ils se présentent, et au bout de 6 à 8 heures, ben voilà, tadaaaaam, on a fini
Néanmoins, pour palier à cela, des éléments ont été ajoutés. En effet, il existe de nombreux « secrets » dans La Légende de Thor. Et autant on peut parfaitement les négliger pour arriver tout droit à la fin du jeu sans que ça y change rien. Autant on peut s’y arrêter et allonger en conséquence la durée et le plaisir de jeu. Ainsi, chaque esprit à un « parcours élémentaire » à réaliser pour obtenir, comme je vous le disais, ces fameuses armes infinies.
Il y a aussi la quête des joyaux qui correspondent à chaque esprit. Il y en a 15 par esprit, à vous de les trouver tous dans le jeu… Pas évident ;-)
Mais bon au final, ne nous leurrons pas, on totalise au grand maximum une durée de vie de 10-12 heures, ça fait quand même pas lourd.
Ceci s’explique en fait, et ses qualités étonnantes également, par le fait que à son origine, La Légende de Thor ne portait déjà pas ce nom, et n’était surtout pas un jeu d’Aventure. Mais une sorte de joli jeu d’action sans sauvegarde.
J’ai eu une fois entre les mains le jeu original en japonais (et en émulation bien sûr), et cela rendait donc très différemment. Nécessitant par exemple que le jeu ne soit pas excessivement long si on voulait en atteindre le bout.
Ici, rassurez vous, la sauvegarde a été ajouté, le scénario a été étoffé (un peu) et on a donc à faire à un véritable jeu d’aventure avec des qualités étonnantes et des défauts qui nous laisse un peu sur notre faim quand surgit le mot Fin
On pourra regretter aussi, et en conséquence, des choses inhérentes à ce que je viens de dire comme l’impossibilité de pénétrer dans les maisons, les dialogues ultra-simplistes des PNJ, ou l’impossibilité la plupart du temps de revenir sur ses pas.


Mais entendons nous bien, et vous avez pu vous en apercevoir, La Légende de Thor est un bon jeu. Un très bon jeu auquel il faut jouer malgré son scénario prévisible, son parcours « fléché » et sa durée de vie minimaliste.
Car il est beau. Graphiquement, on ne pourra pas dire le contraire, c’est vraiment un beau jeu. Doté de plus d’une animation particulièrement réussie.
Les monstres sont beaux, on a le goût de les frapper avec les multiples combinaisons de coups d’Ali, ou encore de déclencher quelques furies de nos esprits élémentaires pour balayer tout l’écran en un coup, un seul.
Et quelle joie de les entendre crier lorsqu’on les achève d’un majestueux coup de poignard retourné ! Crier ? Heuuu, beugler plutôt, hurler, s’époumoner même !
Parce que pour ça le son n’a pas été oublié
Ca crie donc tant qu’il en faut, les bruits ambiants sont également particulièrement réussis. Les pas du héros par exemples sont vraiment bien faits et on accordera une mention spéciale au bruit du feu qui est merveilleusement rendu pour cette époque.
La bande son suit fort logiquement. De longs et beaux thèmes qui soulignent l’action et rendent compte des lieux où l’on se trouve avec chaque fois des ambiances fortement marquées.
Au final donc, le jeu possède bien plus de qualités que de défauts, c’est très évident. On a un vrai plaisir à y jouer… et y rejouer. Car tout comme il se rapproche fortement d’un jeu d’Action ou même un Beat them all, il s’agit ici d’y jouer une première fois pour en voir la fin, puis y rejouer pour en découvrir tous les secrets, et y rejouer encore pour battre ces propres stats record, etc… Ne vous attendez pas au jeu du siècle en y jouant une seule et unique fois, vous seriez fort déçu. Si par contre vous en appréciez toute la palette de qualité et vous prenez au jeu de la surenchère en parcourant et reparcourant le pays, d’Ali, là vous aurez un vrai et beau plaisir de jeu. C’est promis ;-)




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