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Grandia
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rédigé par Olivier
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Fiche Jeu

Console : PS One

Genre : [RPG]

Dév. : Game Arts

Sortie : 2/03/2000 [Europe] Date de la dernire sortie du jeu

Grandia par Olivier

Posté le 15 novembre 2005 à 03h57

Grandia.
Avec un titre comme celui-ci, les intentions des développeurs étaient clairement annoncées ! Faire là un très grand jeu, si ce n’est le plus grand, une vraie référence. Et tant qu’à faire inaugurer même d’une série qui prendrait là sa naissance.
Sorti fin 1997 sur Saturn, Grandia bénéficia d’une seconde vie en débarquant un an et demi plus tard sur Playstation, qui n’était pas alors encore des plus peuplée côté RPG… Mieux encore, ce portage permis un lancement dans tous les pays européens, et une traduction française longuement espérée. Cool, car c’est à cette version du jeu que nous allons nous attacher dans ce test ^^
Grandia.
Avec un titre comme ça, en insérant le premier CD dans sa Playstation, le joueur en attend forcément beaucoup… Alors, pari réussi ou effet d’annonce ? :)

Partir à l’aventure

 

Justin est un jeune garçon qui vit dans la ville de Parm. Il a une amie : Sue. Elle a quelques années de moins que lui et elle ne se sépare jamais de son compagnon favori, Pooy, bestiole un peu étrange qu’elle seule comprend dans ses « pooooy pooy » ^^
Justin a une maman : Lilly. Pour le moment, elle tient un ptit resto sympa où on mange bien à peu de frais (et éventuellement on peut déguster aussi des coups de poêle derrière la tête), mais par le passé c’était une pirate visiblement assez redoutable arpentant les sept mers ;-)
Justin a aussi un papa, mais on le connaît pas ^^ Quoi qu’il en soit c’était un aventurier pur jus qui a ramené de ses voyages, outre Pooy et sa femme, la Pierre d’Esprit que Justin porte constamment sur lui.
Avec une ascendance pareille, on se doutera que Justin n’est pas complètement le style pantouflard arthritique et que la seule chose qui le démange est de… partir à l’aventure :-D Le monde l’appelle et surtout ce Bout du monde dont il a entendu parlé et qu’il veut voir de ses yeux (et ce qu’il y a derrière tant qu’à faire.) Tout autant il veut élucider ce mystère du peuple des Icariens dont parle les légendes et auquel il devine que sa Pierre d’esprit est reliée.
Mais pour le moment d’autres choses le préoccupent ! Ses ennemis de toujours, Gantz et sa bande, lui ont lancé un défi… Retrouver dans la ville les quatre pièces d’équipements qui composent l’armure de lumière si convoitée (en fait un vieux tablier moisi, une casserole à trous, un couvercle cabossé et une épée à peine en bois, mais bon, mégotons po ^^.)
L’enjeux est d’importance, puisque s’il ne parvient pas à les retrouver, Sue devra se marier avec un des membres de la bande de Gantz et ça heu… comme elle le dit si bien : Eurghhhhh ! :p
C’est avec cette petite aventure, une sorte de didacticiel amusant et bien fait, que commence la plus grande aventure de Justin et de Sue, ainsi que la notre… qui nous emmènera tous fort loin :)

 

 

Des détails qui changent tout

 

Car nul besoin de vous le cacher plus longtemps la principale qualité de ce jeu est son souffle aventureux ! Justin veut partir à l’aventure et même si les débuts seront houleux, il y parviendra… Nous emmenant avec lui dans des lieux bien étranges et fort divers, à la quête d’objets et de personnes réellement mystérieuses. En cela, c’est pure réussite. Tout au long du jeu, le souffle de l’aventure est là et on ne peut guère lui résister :) On cède aisément et avec plaisir à la fougue de ce jeune homme et de ses amis…
Car Justin ne partira pas seul et reviendra moins seul encore ! Accompagné (involontairement) de la seule Sue au départ il rencontrera toute une flopé de compagnons qui viendront faire un bout de chemin plus ou moins long avec lui avant de retourner à leurs occupations. Il y trouvera même l’amour (ohhhh que c’est mignoooonnn ^^) et que même que… et pis que… et alors à la fin… Ha non, faut po que je vous raconte :p

 

Vous le voyez, sur le fond, on a à faire à un RPG de facture fort classique avec héros sympathiques, alliés temporaires, équipement à ramasser en chemin dans les villes visitées, utilisation de magie, PNJ bavards (parfois très ^^) et donjons à la pelle.
Rien de bien sidérant en cela. Mais reconnaissons lui une chose, même s’il ne sort en rien de notre ordinaire RPG-esque, ce que Grandia fait, il le fait bien :)
Ainsi, si son scénario de base est de facture classique et ne prétend pas déplacer les montagnes, il est suffisamment progressif, prenant et même parfois haletant pour nous mener d’un bout à l’autre du jeu sans qu’on ressente d’essoufflement. Mieux, il s’orne très joliment d’un humour constant qui sait nous rendre le sourire quand on aurait pu commencer à s’endormir ^^ Cela apporte un vrai vent de fraîcheur dans le monde des RPG parfois un brin nombriliste (ha que on m’a tué mon papa, et ha que je sais rien de mon passé, et que ha je vais me venger, mais ha en attendant je suis un héros sombre et solitaire.)
Dans Grandia, Justin ne veut que partir à l’aventure. Il en viendra progressivement, certes, à sauver le monde (comme d’hab’ ^^), mais ça n’était absolument pas son intention ! Et tant qu’à faire cela, il va le faire avec humour. Il pourra compter en cela autant sur ses amis que ses ennemis (Haaaa Nana, Saki et Mio :-D).

 

Identiquement, si le principe du jeu en lui-même est fort habituel comme je vous le décrivais un peu plus haut, ce sont sur les détails que les innovations vont se préciser et apporter un réel plaisir de jeu.
Les combats par exemple sont tout à fait traditionnels. Notre équipe, l’équipe des monstres, on se met sur la face et à la fin c’est nous qu’on gagne (forcément :p ) Mais déjà les monstres se baladent eux aussi sur la carte, ce qui permet soit de les rencontrer de face, soit de les éviter, ou même d’être assez preste pour les surprendre… à moins d’être surpris soi-même !
Ensuite le système de combat est totalement dynamique et représente ce qu’on a retenu de Grandia avant même d’y jouer. Le principe est simple mais très ingénieux : chacun des amis et ennemis est positionné à l’écran, et se déplace également sur une ligne du temps jusqu’à une étape « décision ». Là on prend la décision d’attaquer, fuir, utiliser un objet, etc… Une fois le choix fait la progression continue sur la ligne jusqu’à l’étape action, moment où le personnage se met en mouvement à l’écran, court vers son monstre, frappe, puis se barre en courant comme on le ferait en réalité ^^
Durant cette phase, il peut se buter contre un autre monstre ou même un ami ce qui peut l’empêcher de frapper ! Il peut aussi contrer « en direct » un monstre qui s’apprêtait lui aussi à frapper (proche de la phase d’action sur la ligne donc).
De fait, tout est toujours en mouvement à l’écran pendant un combat. Et ce qui se produit n’arrive pas « par hasard » ou parce que le jeu en décide ainsi… On est contré ou même annulé parce qu’un monstre nous frappe alors qu’on se préparait à agir, on le voit directement à l’écran, rien à contester :) C’est un principe hyper agréable et qui rend réellement de l’action et de la stratégie au combat.

 

Les magies sont du même acabit. Certes, on retrouvera les magies les plus classiques, rien de nouveau de ce côté-là, avec notamment la présence des éléments naturels reliés aux magies diverses.
Mais peu des héros possèdent « naturellement » ces magies ! Pour les obtenir, il faut collecter des Oeufs de Mana dont on s’équipe et qu’on va spécialiser, à son choix, dans un type de magie ou un autre. Par ailleurs, deux magies complémentaires vont en créer une troisième ouvrant accès à de nouveaux sorts. Enfin, on dispose également de coups spéciaux ma foi très proches de magies hyper puissantes finalement et qui n’appartiennent qu’au personnage particulier et surtout aux types d’armes dont il peut s’équiper.

 

Complexe, n’est-ce pas ? ^^
Oui ! Une base très simple, simpliste quasiment, mais une conception fine et bien pensée qui permet beaucoup de variété et offre un vrai plaisir :) Tout est ainsi fait dans Grandia, et son apparente « banalité » cache en fait une vraie richesse de jeu.
Bien ! Vous vous êtes fait maintenant une idée du principe de Grandia.
Voyons un peu maintenant de quelle étoffe il est fait !

 

 

Les mains dans le moteur

 

J’avouerais que si je dois avoir une déception légère par rapport au jeu, c’est dans l’aspect graphique qu’elle se situe. Oh, c’est pas laid, non ! Au contraire. C’est coloré, les persos sont bien trouvés et plutôt réussis, mais bon… Disons que je m’attendais à mieux, notamment pour les phases de combat. Les sprites dans ce temps là sont tout petits à l’écran… Trop petits à mon goût, ça rend pas grand-chose et ça fait même un peu brouillon, bien qu’on s’habitue forcément avec le temps.
Mais dans l’ensemble un petit effort aurait pu être fait pour une plus belle qualité graphique d’ensemble, ce surtout quand on voit les quelques scènes cinématiques de très belle tenue qu’ils ont su nous créer par ailleurs.
A noter que la chose sera prise en compte dans Grandia 2 puisque la qualité globale sera rehaussée et les persos considérablement agrandis et détaillés en phase de combat :-D
Côté graphiques aussi les magies sont relativement jolies mais pas très impressionnantes, à quelques exceptions près (certain coups spéciaux.) Elles ont de plus le tort (logique mais ennuyeux) d’être très répétitives. A tel point qu’on finit par éviter certaines magies tant l’animation qui va débouler si on la lance nous sort par les yeux ^^

 

On débouche donc là sur un autre point qui est la répétitivité des animations. Il y en a ! Elles sont très correctes ! Mais globalement toujours identiques. On aurait aimé un peu plus de variété parfois. Néanmoins reconnaissons que les développeurs ont tenté d’animer tout ce qui pouvait l’être pour donner de la vie à tout ça. L’effort est à noter pour un jeu qui, de plus, n’est pas récent.

 

Le Gameplay par contre est absolument aux petits oignons ^^ On se perd un brin dans les menus et la complexité des magies ou de l’avancée en niveau de nos persos, mais on prend très vite le pli. Une fois ça fait, avec le « didacticiel » de base (la mini-quête en ville), on chope de suite toutes les finesses du jeu et comment ça va se dérouler :)
Identiquement pour les combats qui peuvent dérouter au départ si on n’en a aucune habitude… Mais c’est une fausse complexité, on capte très vite et là on a grand plaisir à profiter aisément d’un système vraiment bien pensé. Pour cela, le jeu est pleinement accessible dans tous ses paramètres.

 

Les musiques alternent un peu. Ca va de l’excellent (le thème d’ouverture) au plus moyen… Mais c’est très varié, chaque lieu visité a sa propre musique bien adaptée et marquée, plus des thèmes spécifiques de situation, ça fait une bonne tripotée de chansons ! :) Pas le temps de s’ennuyer ni de se lasser, cool !
Une mention supérieure d’ailleurs encore pour le thème d’ouverture totalement orchestré ce qui n’était pas encore des plus courant à l’époque.

 

Le scénario est clairement ce qui relève tout l’aspect technique et finalement donne toute sa valeur et sa saveur aux autres paramètres. Certes, l’histoire ne révolutionnera rien dans le monde du RPG, mais c’est somptueusement bien amené :)
Le scénario est très progressif, les buts dissimulés dans un premier temps ne se découvrent que très lentement et nous surprennent jusque dans les derniers instants du jeu. Les personnages sont bien travaillés (pour les principaux) et on les découvre tout autant par petites touches puisque leurs « aventures personnelles » se développent parallèlement et en continuité de la quête principale.
Ajoutez à cela un humour constant dans la trame même du scénario et vous aurez réellement un jeu de grand souffle, épique, amusant, émouvant, aventureux, surprenant… Une réussite !

 

Enfin la durée de vie en donne clairement pour son argent. Deux CD et j’y ai joué quasiment autant de temps que pour boucler les 4 CD de FFIX ! Entendez par là qu’en faisant tous les dialogues de PNJ et en prenant un brin son temps en quelque leveling personnels, j’y ai passé plus de 100 heures ! Bon, ok, j’aime aller au fond des jeux, mais la promesse d’une bonne cinquantaine d’heures de jeu est réellement là ! Et si vous appréciez le jeu vous pourrez très largement dépasser ce temps :) Allez, on transige à 70 heures environ, autant vous dire qu’on est bien payé. Le mieux en fait c’est qu’hormis quelques moments sur la fin où on doit se retaper quelques zones pas franchement utiles, et bien on ne s’ennuie absolument jamais ! :-D

 

 

T’as un point noir (sur le nez)

 

Mais on me dira : Bon, on a vu que tu as aimé ça, mon canaillou, mais alors c’est quoi que t’as po aimé trop dans Grandia ?
Bon, puisqu’il le faut, voyons quelques points un brin plus sombres ^^
Ils ne sont pas trop nombreux et seront dans leur quasi-totalité corrigés pour Grandia 2. En voici des développeurs consciencieux ! :)
On pourra penser par exemple à la faible utilisation faite de certains compagnons de route. Ils viennent, on les développe un peu, on leur file même des armes sympas et tout, et pis, paf ! Partis.
Ha bon ? Tu pars mon gaillard ? Ben ouai… On aurait parfois aimé profiter de ces personnages un peu plus longtemps, et même pour les plus irritants ou les moins passionnants.
On pensera ensuite à l’intérêt totalement avorté des œufs mana ^^ Sidérant d’ailleurs à ce point là :p Car une fois qu’on a équipé nos personnages centraux en œufs mana histoire qu’ils possèdent tous les éléments de magie, ben on continue de trouver tripotée d’oeufs sur notre route.
On se fait une belle collection mais ils ne servent absolument à rien >_< De fait, les nouveaux persos que nous accueillons par la suite possèdent déjà la magie, ou ne peuvent l’utiliser, enfin… rien à faire de ces maudits œufs (une omelette mana ?)
Au niveau de l’inutile, à compter aussi, les bagues et différents accessoires qui sont en trop grand nombre. C’est bien d’en avoir beaucoup, mais il faut qu’ils aient un minimum d’intérêt ^^ En gros, on fait son équipement de base, et on jette tout le reste aux orties à grand coup de pied dans la bagouze :p
On regrettera enfin quelques petites longueurs sur la fin avec des allers-retours dans des zones déjà visitée qui n’avait vraiment aucune raison d’être vu la durée de vie déjà plus que conséquente. On se surprend alors à taper des tout droit en évitant les monstres tant que possible pour enfin découvrir ce qui va se passer ensuite. Ca casse un peu la trame dramatique de la fin, c’est sans doute dommage.
Bon allez, c’est tout, y a vraiment pas gros reproches, ça reste du confidentiel et ça ne nuit pas réellement au jeu avouons-le :)

 

 

Pas le jeu du siècle, mais une réussite

 

Alors, puisqu’il faut conclure, les développeurs ont-ils gagné leur pari qu’on évoquait au début de ce test ? Hmmm, ma foi, à moitié. Certes Grandia n’est pas le plus grand jeu au monde et il a beaucoup de points pour lesquels il se contente tout juste d’une aimable moyenne. Mais il faut bien avouer que là où les développeurs se sont fendus, ils l’ont pas fait à moitié.
Un très beau scénario sans se taper les thèmes « malheur, ô mon malheur » dont on nous abreuve de nos jour, et une trame sociale entre les personnages vraiment intéressante, amusante et parfois touchante… Une accessibilité immédiate et très agréable alors que le jeu a tenté des paris risqués en bougeant un peu nos habitudes chéries… Une durée de vie qui nous permet de ne pas dire au revoir à nos personnages avant même d’avoir retenu leur nom… Un humour omniprésent et efficace qui agrémente l’histoire sans jamais l’appesantir… Et enfin donc un souffle d’aventure et d’envie d’exploration qui nous saisit dès même l’introduction du jeu.
On part, on part loin ! Vous sentez le vent ? Vous êtes prêt ? :) Go !

 

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