








Panzer Dragoon Saga par Ramirez
Posté le 27 novembre 2005 à 12h03
La SATURN possède bien des chefs-d'oeuvre méconnus, et c'est avec grand plaisir que je vais vous présenter l'une de ses oeuvres majeurs : Panzer Dragoon Saga.
Cette histoire se passe sur une terre abandonnée des dieux : ici sur ce sol aride gisent les cendres d'une humanité corrompue, qui pour avoir sombré dans la folie reçue pour châtiment la destruction par le feu. Depuis cette époque, la Terre a connu de grands bouleversements climatiques dont on ignore la cause. Toujours est-il que pendant des siècles elle n'a été qu'un vaste désert peuplé de créatures génétiquement modifiées où subsistaient quelques oasis ainsi que de rares forêts.
Au milieu de tout cela, les rares survivants du cataclysme qui frappa autrefois l'humanité firent leur possible afin d'éviter l'extinction de la race humaine.
Mais aujourd'hui, après tant année de souffrance, l'Homme est sur le point de redevenir l'espèce dominante de la planète, car aujourd'hui, dans les ruines des civilisations oubliées, il a retrouvé l'outil qui fit autrefois toute sa puissance : la technologie.
Malheureusement cet héritage de l'ancien monde lui apportera aussi le fléau qui fit autrefois sa perte, son dernier espoir réside désormais sur un visiteur ailé aux magnifiques écailles bleutées : le Dragon de la Légende est de retour.
Avant d'aller plus en avant dans ce test, je vais vous présenter la série des Panzers Dragoons et vous situer cet épisode, qui est le premier à se présenter sous la forme d'un RPG : Panzer Dragoon Saga.
Panzer Dragoon c'est, avant tout, une série de shoot 3D sur SEGA SATURN (et récemment sur XBOX avec un nouvel opus.) A l'heure où j'écris ce test, la série comporte 4 épisodes (dans l'ordre des sorties)
Si je vous présente la série c'est avant tout pour vous inciter à la faire en entier, car celle-ci est très complexe, et ne pas faire un épisode, c'est louper quelque chose d'exceptionnel
Dans le monde de Panzer Dragoon, le calendrier est celui d'une civilisation appelée « L'Empire », qui est la première tribu à avoir retrouvé des ruine de l'ancien monde, et qui surtout est dans Panzer Dragoon le principale ennemi que l'on affronte dans chaque épisode. L'an 0 du calendrier marque l'accession du premier empereur au trône.
Voici la time line de sa série :
Chacune des ces dates correspond a une apparition du dragon légendaire, et donc à un évènement important de l'univers de Panzer Dragoon, et c'est pour cela que je vous incites grandement à faire toute la série (et dans l'ordre des sorties si possible.) Bien, maintenant que je vous ais présenté cette saga, passons au test du jeu lui-même.

Les lignes qui suivent vous raconte le contenu de la cinématique d'intro (20 minutes de bonheur !!!), et déjà en 20 minutes il s'en passe des choses, je vous laisse alors imaginer le jeu lui-même.
Vous incarnez Edge. Ce jeune garçon est chargé, avec ses compagnons, d'une mission des plus banales : surveiller une des chantiers de fouille de l'Empire se trouvant dans une mine.
Malheureusement cette mission tournera bientôt au drame… alors que Edge était à l'extérieur de la mine l‘alerte est donnée ! Une Créature de l'ancien monde a été réveillée ! Les hommes tombent comme des mouches, aucun ne semble capable de stopper la créature ! Edge est le dernier homme en état de se battre, mais que faire ? Les armes normales sont sans effets contre la carapace de la créature. Heureusement pour lui, un lance-missile se trouve non loin de sa position, mais alors qu'il s'apprêtait à tirer la créature l'attaque, Edge évite de justesse l'assaut. Un pan du mur de la mine est alors détruit, ce que Edge découvre alors le stupéfait… là encastré dans le mur, une jeune femme gît inconsciente! Encore plus surprenant, la créature et Edge ont la même réaction, ils semblent paralysés par la vision de cette jeune femme… le monstre reprend soudain ses esprits, Edge appuie juste à temps sur la gâchette…
Mais sitôt la bête abattue un groupe armé attaque la mine… ce sont des impériaux !
Tous les compagnons d'Edge ainsi que son mentor sont exécutés sous ses yeux.
Il n'est sauvé que grâce au chef du groupe, Craymen, qui arrêtera ses hommes au dernier moment. Il est alors assommé.
Quand il se réveille, il voit alors Craymen et ses hommes emmener la jeune femme découverte dans la mine. Edge avec l'énergie du désespoir court vers le vaisseau, mais il est alors froidement abattu par l'homme qui avait exécuté ses camarades. Son corps sans vie tomba alors dans une crevasse sans fond.
On ne sait par quel miracle il se réveilla dans un cours d'eau souterrain… n'était-il pas mort a l'instant ? Par quel miracle était-il encore en vie ?
Abasourdit, il se hissa hors des eaux et se retrouva encerclé par des légions de biocréatures menaçantes. Soudain les créatures furent détruites par une salve d'éclairs lumineux, le Dragon des légendes était de retour, et son apparition marquait l'avènement du nouveau « Rider », le jeune Edge. Ce dernier avec le dragon comme coursier aura le sort de l'humanité toute entière sur ses épaules.
Qui est donc cette jeune femme ? Pourquoi Craymen et ses hommes ont-ils agis à l'encontre de l'empire ? Qui est vraiment le dragon ? Pourquoi est-il réapparu après 30 ans d'absence ?
Tout ça vous le saurez en jouant à Panzer Dragoon Saga.

Panzer Dragoon Saga fait parti de ces rares jeux avec Skies Of Arcadia qui me donne réellement l'impression de débarquer dans un autre monde, et pour cause! Le design de la série a été conçu par le maître, j'ai nommé Moebius (du moins pour le premier Panzer Dragoon), et, il n'y a pas à dire, cette série fait réellement office d'ovni vidéoludique quand on parle de son ambiance générale : c'est un vrai dépaysement.
Le design du bestiaire et des différents véhicules est proprement hallucinant! A se demander ce que nos amis designer avaient pris avant de nous pondre cette petite merveille!
Chaque lieu visité dégage une ambiance jamais vue nulle par ailleurs, et le tout est accompagné par une bande son tout simplement divine, la Saturn nous montre ici qu'elle était réellement la reine de sa génération pour tout ce qui avait attrait aux applications sonores. De plus autre chose d'assez extraordinaire (pour l'époque), les dialogues sont parlés.
D'ailleurs, à propos de ces fameux dialogues je voudrais préciser quelque chose.
La saga des Panzer Dragoon a été depuis le départ conçue avec un langage spécifique, le «Panzerese », un mélange d'allemand, de latin, de japonais et de grec ancien.
L'intro du jeu et la séquence de fin sont en "Panzerese", mais le reste des dialogues parlés est en japonais, ce qui quand on y repense est vraiment dommage, cela aurait pu renforcer l'immersion dans le jeu. Les voix sont cependant très bien choisies et le doublage est bon.
La Partie technique du jeu n'est pas en reste, Panzer Dragoon Saga fait cracher ses tripes à la Saturn et nous montre qu'en matière de 3D elle était, malgré tout ce qui a pu se dire à son sujet, capable de nous faire des merveilles! Je me rappelle encore de ce jour où j'ai inséré la première des 4 galettes dans le lecteur de ma Saturn : quel éblouissement ! C'était tout simplement magnifique.

Le jeu en lui-même est très linéaire quand on y repense, avec un Worldmap où l'on ne peut que choisir notre destination et des donjons qui sont révélés au fur et à mesure de notre progression mais cette linéarité est compensée par trois points de gameplay qui changent nos habitudes par rapport à d'autres titres. J'aborderais ici les deux premiers points.
Tout d'abord, Panzer Dragoon, c'est à l'origine une série de shoot 3D et Azel ne renie pas ses origines, en effet le jeu a un système de « lock » qui ne sera pas étranger à ceux qui auront joué aux autre opus. En effet, tout comme nous utilisons le « lock » pour viser nos adversaires dans les autres Panzer dragoons, ici nous utilisons ce système pour cette fois utiliser des éléments du décors, parler aux gens etc… Ce système pousse le joueur à prêter attention aux éléments du décor.
Un exemple : au début du jeu il y a une espèce de passage souterrain dont l'entrée est fermée, la solution est toute simple, il suffit de tirer plusieurs fois sur une espèce de vers des sables géants afin que ce dernier libère l'entrée du passage en prenant la fuite. Un système simple et efficace.
L'autre point vient des phases à dos de dragon qui sont tout simplement magnifiques! Non content de nous proposer de beaux décors ainsi que d'apporter un souci du détail tout particulier à notre monture, on a en plus une liberté totale de mouvement dans les décors où l'on peut voler dans toutes les directions (360°) à la latitude que l'on veut (un peu comme sur la Worldmap de Skies Of Arcadia, ressemblance logique vu que d'anciens membres de l'Andromeda Team ont participé à la création de SOA), ça n'a l'air de rien comme ça, mais cette manière de se déplacer dans un donjon est tout simplement envoûtante, on ne se dit plus « il va encore falloir que je passe des heures à marcher dans ce donjon pourri », on n'a plus la sensation parfois frustrante d'étouffer dans notre donjon, on a la sensation d'être « libre » (même si ce n'est pas le cas.)
On note tout de même que les villages (donc à pied) sont moins travaillés. Les personnages sont raides comme des piquets et plus ou moins travaillés mais on reste, à des années-lumière du dragon et des ennemis qui sont pourvus d'une très bonne animation et qui sont détaillés au possible! On trouve bien plus de défauts par-ci, par-là dans les décors, mais heureusement ces phases du jeu, assez courtes (le reste du temps on se trouve à dos de dragon), sont tout de même assez agréables à l'œil pourvu que l'on fasse abstraction de ces défauts.
A noter que le jeu est ponctué de cinématiques (d'où les 4 CDs), elles sont longues mais, contrairement à bien des jeux où on nous sort des cutes scènes toutes les 5 minutes jusqu'à l'indigestion, là on nous laisse le temps d'apprécier le jeu pour nous sortir quelques séquences de temps à autre. Au niveau de la qualité graphique ce n'est pas du « Final Fantasy » c'est sûr, mais c'est tout de même agréable à l'œil, on note tout de même que le détail apporté aux personnages durant ces séquences est assez impressionnant (rien qu'à voir le magnifique visage d'Azel, c'est du pur bonheur), et même si de temps à autre elles souffrent du défaut « pixellisation » inhérent aux cinématiques en images de synthèse sur le support, c'est tout de même un plaisir de mater ces séquences qui sont, qui plus est, rythmées par une bande son magnifique.

Je vous parlais de points de gameplay tout à l'heure, voici le troisième : les combats.
Que dire du système de combat de Panzer Dragoon si ce n'est que c'est le meilleur que je connaisse à l'heure actuelle !
Passionnants, dynamiques, stratégiques, magnifiques, épiques ! Que d'adjectifs pour qualifier cette merveille !
Avant de parler des combats en eux même il faut déjà parler de notre principal atout : le dragon.
Je m'explique...
Dans le menu du jeu vous avez un encadré spécialement consacré au dragon, vous y trouverez plusieurs jauges (puissance d'attaque physique, magique, défense…) par défaut toutes les jauges sont à mi-puissance, ce qui signifie que votre dragon est moyen dans toutes ses compétences, mais vous pouvez choisir de régler vous-même ces jauges. Attention toute augmentation dans une catégorie demande automatiquement une baisse dans une autre, à vous de vous adapter en fonction des ennemis qui sont en face. L'autre chose qui est extraordinaire avec ce système, c'est que lorsque vous changez les réglages, votre dragon change de couleur et de forme ! Par exemple, adoptez une attitude défensive et votre dragon rétrécira en longueur mais grossira en largeur et sera bardé d'écailles ! Décidez de privilégier l'attaque et ce dernier s'allongera pour adopter une forme plus apte à l'attaque (corne d'attaque allongée, couleurs rouge agressive etc.) Mais les possibilités du dragon ne s'arrêtent pas là, au fur et à mesure de votre progression de jeu, il changera de forme pour devenir de plus en plus robuste et puissant.
L'objectif principal des combats de Panzer Dragoon Saga pourrait être celui-ci : trouver le point faible de son adversaire. Exit les gros bourrins avec 9999 de dégâts, ici ce qui compte c'est la stratégie !
Imaginez une areine de combat, mais gardez à l'esprit que la grande majorité des combats se présentent sous la forme d'une « course poursuite aérienne » (ce qui renforce l'impression de dynamisme) : votre adversaire ou bien un groupe d'adversaire se trouve au centre de cette areine.
Les combats sont en temps réel, vous avez 3 barres de temps qui se chargent, chacune de ces barres représente un « niveau d'attaque », la première barre une fois chargée vous permet de lancer une attaque de base (tir au pistolet sur une cible ou lock avec le dragon qui shoote vos adversaires à coup de flèches de lumières), la seconde vous permet d'utiliser des magies de bases ainsi que des attaques « Berzeks » (furies), et la troisième permet d'utiliser les sorts et les attaques Berzeks les plus puissantes, vous avez bien entendu les barres HP et MP habituelles.
Là où Panzer Dragoon Saga se démarque de tous les autres rpgs et là où il montre ses origines, c'est sur deux choses :
la première est que comme pour certains boss des autres panzers dragoons, chaque adversaire a un point faible et c'est à cet endroit qu'il est particulièrement vulnérable, trouvez le point faible d'un boss et la victoire vous sera quasi acquise (si il ne vous fait pas mordre la poussière entre temps, dans tous les cas vous avez intérêt à le trouver au plus vite, parce que le bourrinage ça marche 5 minutes au début du jeu mais après c'est fortement déconseillé, surtout contre les boss où se la jouer bourrin relève plus du suicide que d'une bonne stratégie.
Un exemple de point faible : vous avez un essaim de bestioles, quelque part dans cet essaim se trouve la reine qui est de couleur différente (en plus le « weak point » est indiqué), il vous suffit alors de tuer la reine pour disperser l'essaim, rapide et efficace.
Cependant ce weak point est parfois dissimulé (c'est le cas pour de nombreux boss), il faut parfois détruire une partie de la carapace de l'adversaire pour le dévoiler, ou attendre que ce dernier le dévoile (et en générale s'il le fait, ça veut dire qu'une grosse attaque va suivre derrière), bref il faut « analyser » son adversaire avant d'attaquer.
La seconde est que l'areine est une areine à 360° !
Maintenant imaginez l'un de ces combats, vous êtes dans les airs, votre adversaire se trouve au centre, derrière vous, il va bientôt vous attaquer, par une pression sur un simple bouton vous « tournez » autour de votre adversaire pour passer sur son côté droit et éviter au dernier moment son attaque ! Ce dernier a raté sa chance ! A vous de repasser devant et faites lui mordre la poussière !
Ce système est purement génial ! AUCUNE attaque d'un boss ou d'un ennemi n'est inévitable, vous pouvez toutes les éviter sous condition de connaître l'adversaire que vous avez en face ainsi qu'en ayant un timing parfait.
En effet un bon nombre d'adversaires est tout à fait capable de vous attaquer alors que vous vous faufilez sur les côté ou derrière eux, certains n'attendent même que ça parce que c'est à ces endroit où vous vous croyez invulnérable qu'ils sont capables de vous balancer une furie dans la figure, certains sont même carrément subtils, par exemple à un moment du jeu, on affronte un ennemi qui attend patiemment que l'on se mette derrière lui, le problème c'est qu'à ce moment là il se téléporte derrière vous et vous fait mordre la poussière. Et bon nombre d'entre eux se déplaceront (bah oui c'est pas juste sinon ) pour avoir un angle d'attaque favorable.
De plus il ne faut pas se déplacer dans une zone « sensible » sans avoir au préalable attendu d'avoir sa barre d'attaque rechargée, en effet durant la rotation autour de votre adversaire la barre d'attaque cesse de se charger, et si vous n'avez pas de quoi attaquer tout de suite pour ensuite filer en vitesse ça va faire mal aux gencives.
A la fin de chaque combats un « score » qui vous est attribué (système directement hérité de la série), mais ce dernier n'est pas évalué en fonction de l'importance des dégâts (du moins qu'en légère partie), il dépend plus de la rapidité avec laquelle vous avez exécuté votre adversaire, et des dégâts que vous avez reçu (et pour avoir la note maximale vaut mieux ne pas en avoir reçu du tout.)

Et oui, il y a une seul ombre au tableau, et elle est de taille : la durée de vie du jeu! Cette dernière atteint à tout casser une vingtaine d'heures de jeu, ce qui, il faut bien l'avouer, est trop court. Mais ce sont une vingtaine d'heures tellement magiques, tellement remplies d'émotions que l'on peut facilement pardonner ce défaut à la Team Andromeda qui a effectué un travail d'orfèvre.


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